Anti-stress, anti-douleur, anti-cancer… Les vertus santé insoupçonnées de l’orgasme

Vous avez passé une mauvaise journée au boulot ? Vous avez une migraine carabinée ou des règles qui vous tordent le ventre ? Ou vous êtes en toute fin de  grossesse et priez pour un accouchement imminent et sans douleur ? Et si vous vous offriez… un  orgasme ?

Outre le plaisir qu’il procure, l’orgasme a de nombreux bienfaits insoupçonnés, et pourtant largement confirmés par la science. Anti-stress, anti-douleur voire anti-cancer, à l’occasion ce mardi de la Journée mondiale de l’orgasme, 20 Minutes vous dévoile quelques-unes de ses vertus pour la santé.

Un médicament pour réduire naturellement la douleur

Plutôt qu’un comprimé de votre antalgique ou anti-inflammatoire de référence pour soulager votre mal à la tête ou votre hanche douloureuse, quelques minutes de plaisir pourraient avoir le même effet. « Avant même d’atteindre l’orgasme, faire l’amour entraîne une excitation sexuelle, elle-même très liée au mécanisme sanguin : il y a un échauffement du corps et un afflux de sang dans la verge ou au niveau du clitoris, décrit Alain Héril, sexothérapeute et auteur de L’orgasme thérapeutique. Quand le plaisir chasse la douleur (éd. Grancher). Puis, au moment de l’orgasme, le corps et le cerveau sont dans une forme de libération, et on sécrète des endorphines, la morphine naturellement produite par le corps, qui a une fonction analgésique, donc qui réduit la douleur. C’est scientifiquement prouvé par de très nombreuses études ».

Dans le cadre de son ouvrage, Alain Héril a recueilli « plus de 600 témoignages de personnes qui, volontairement, ont essayé seuls ou à deux l’orgasme thérapeutique, pour traiter des problèmes liés notamment à la douleur », indique le sexothérapeute. Et le champ d’action de l’orgasme est large, puisqu’il « libère un ensemble d’hormones régulatrices de la douleur et peut ainsi avoir des effets apaisants au niveau des douleurs menstruelles, articulaires, inflammatoires, poursuit le sexothérapeute. Mais aussi calmer les migraines, grâce à son action de régulation du flux sanguin. C’est mieux que de prendre plusieurs cafés ! J’ai même eu des témoignages de patients pour qui l’orgasme a été un moyen de calmer les douleurs associées à des poussées de sclérose en plaques ou liées aux séances de chimiothérapie ».

Des propriétés anti-stress et anxiolytiques

Alors que la France est le deuxième consommateur européen d’antidépresseurs, la pandémie de coronavirus est venue accentuer le stress et le sentiment de déprime éprouvé par de nombreux Français. Et là encore, l’orgasme peut déployer ses bienfaits. « C’est une expérience de détente et de lâcher prise, rappelle Alain Héril. Dès qu’on ressent une tension psychique ou physique, naturellement, l’orgasme va réguler cet état de tension, qui va disparaître pendant un temps long, de plusieurs heures à plusieurs jours. Il permet de ne pas se laisser submerger par ses émotions : il régule la colère, la peur et l’anxiété ».

En outre, au-delà des effets propres à l’orgasme, « le fait d’avoir un rapprochement physique, affectueux, de prendre quelqu’un dans ses bras, a les mêmes mécanismes qu’un antidépresseur, expose le sexothérapeute. Il ne s’agit pas de dire qu’il guérit la dépression profonde. En revanche, pour une personne qui se sent déprimée ou stressée, c’est un bon médicament naturel ».

Mieux qu’une camomille et des somnifères pour trouver le sommeil

Les mécanismes par lesquels l’orgasme réduit le stress agissent aussi pour aider les personnes insomniaques à retrouver le sommeil. « Dans le cadre de cette expérience de l’orgasme thérapeutique, le lâcher-prise qu’il permet d’atteindre amène à un état de détente et de relaxation qui peut entraîner une somnolence rapide après l’orgasme », expose Alain Héril. Qui gagne également les personnes qui n’ont pas de mal à s’endormir.

Des propriétés sédatives testées et approuvées par plusieurs de ses patients. « Certains ont pris des somnifères sans succès, et l’orgasme est venu apporter une solution à des troubles du sommeil que rien d’autre ne réglait. Les personnes souffrant d’insomnie décrivent un meilleur sommeil, plus profond et plus réparateur après un orgasme ».

Un moyen efficace pour accélérer et faciliter l’accouchement

Si depuis cette histoire de pomme croquée dans le jardin d’Eden, les femmes sont censées enfanter dans la douleur, l’orgasme pourrait, presque au même titre que la péridurale, changer la donne. « C’est un sujet encore un peu tabou, parce qu’on persiste à associer l’accouchement à la douleur, mais il est tout à fait possible, grâce à la jouissance, de réduire les douleurs lorsque le travail a commencé », assure Alain Héril.

Et ce moment de plaisir a d’autres vertus pour les femmes en fin de grossesse, puisqu’il « peut même accélérer le déclenchement de l’accouchement », ajoute-t-il. Comment ? « Parmi les différentes hormones qu’il libère dans l’organisme, l’orgasme va notamment entraîner la sécrétion d’ocytocine, qui est naturellement fabriquée par le corps, mais qui peut également être administrée dans le cadre de déclenchements programmés d’accouchements ​ ».

Et si l’orgasme est à consommer sans modération, le sexothérapeute a une seule précaution à adresser aux futures mères : « mieux vaut éviter les sex-toys pénétrants et vibrants, qui pourraient mener à une ouverture un peu rapide du col », souligne Alain Héril, qui recommande plutôt « une masturbation clitoridienne ».

Bon pour prévenir le cancer de la prostate

Et quand on dit qu’avoir des orgasmes est bon pour la santé, c’est vrai au point de réduire les risques de certains cancers. Ainsi, « éjaculer souvent, au moins vingt fois par mois, participe à la bonne santé de la prostate, c’est prouvé par beaucoup d’études », a expliqué à 20 Minutes le Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis à Paris et auteur La prostate on en parle ? (éd. Hachette Pratique).

Ce serait dû à « un mécanisme biologique, puisque dans le sperme, il y a des substances, nommées putrescines, qui sont cancérigènes. Ejaculer souvent permet ainsi d’éliminer les toxines, selon l’urologue. Une vie sexuelle épanouie est donc en partie la clé d’une prostate en bonne santé. Et ce n’est pas négligeable : cela divise par deux les risques de développer un cancer de la prostate ».