Anglet : Un comptable détourne 3 millions d’euros pour trading et voyance
Un comptable au service financier de la ville d’Anglet a été condamné jeudi à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, pour avoir détourné près de trois millions d’euros de fonds publics. Il devra également rembourser les sommes détournées entre 2015 et 2025 et verser 20.000 euros à la commune du Pays basque pour le préjudice moral.
Un comptable travaillant pour le service financier de la ville d’Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été condamné jeudi à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Il a été reconnu coupable d’avoir détourné près de trois millions d’euros de fonds publics, qui ont été entièrement perdus dans des activités de trading et des consultations de voyance en ligne.
Cet employé, âgé de 53 ans et ayant reconnu l’ensemble des faits, devra également rembourser les sommes détournées entre 2015 et 2025. De plus, il a été condamné à verser 20.000 euros à la commune du Pays basque, située entre Biarritz et Bayonne, pour préjudice moral, ainsi que 4.000 euros à son directeur financier.
Le prévenu a expliqué avoir perdu pied. Il avait mis en place un dispositif de falsification de factures pour déclencher des virements du trésor public vers un important club sportif de la ville, dont il était également trésorier. Il prenait soin de valider les factures en pénétrant dans le bureau de son directeur financier en son absence, afin de les paraphraser en son nom et d’effacer ses traces. L’ancien employé municipal transférait ensuite les fonds versés au club vers un compte personnel, avant de modifier les écritures comptables pour équilibrer les comptes.
Il a indiqué avoir dépensé la majorité des sommes détournées sur un site de trading en ligne, où il a perdu l’intégralité de ses mises, ainsi que près de 400.000 euros pour des consultations de voyance en ligne. « Je pensais pouvoir rembourser un jour, et quand j’ai vu que je n’y arrivais pas, je prenais encore plus et je misais plus », a déclaré le prévenu, qui admet avoir perdu pied.
Les montants détournés ont « augmenté chaque année », selon le parquet, atteignant 1,2 million d’euros uniquement en 2024. « Il a détecté les failles, épié son directeur financier et a agi avec une certaine sophistication pour déjouer tous les contrôles en interne », a affirmé le ministère public. Ce n’est qu’à la suite d’une « incohérence », c’est-à-dire des mouvements soudains entre comptes, que la banque a découvert le subterfuge.
La défense a évoqué une « addiction pathologique » et a également souligné les « carences » de contrôle à différents niveaux, qui ont permis d’atteindre ces montants. « On a substitué la confiance au contrôle », a dénoncé Me Laure Erguy.

