Angers: Six mois avec sursis et 10.000 euros d’amende requis contre un chirurgien pour harcèlement sexuel

Palais de justice (illustration). — GEORGES GOBET / AFP

Six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende ont été requis à l’encontre de l’ex-chef du service urologie du CHU d’Angers, jugé vendredi en correctionnelle pour harcèlement sexuel sur une collègue de travail. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 18 juillet.

« A aucun moment, on n’a entendu de la part de monsieur (Abdel Rahmène) Azzouzi la moindre remise en cause. A partir du moment où elle lui dit non, il n’aura de cesse de souffler le chaud et le froid, de culpabiliser cette femme », a estimé la vice-procureure Marie-Caroline Pasquier. « On est clairement dans la manipulation, la violence. Il s’en fiche de savoir ce qu’elle ressent », a ajouté la magistrate.

Des échanges « normaux » pour le chirurgien

Expert international dans le traitement du cancer de la prostate, Abdel Rahmène Azzouzi, 53 ans, comparaissait pour des dizaines de SMS, cadeaux et propositions de sorties transmises à une employée administrative de l’établissement et pour avoir consulté le dossier médical de celle-ci, afin d’obtenir son adresse. Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés, sur différentes périodes, entre juin 2015 et mai 2018.

Interrogé dès l’ouverture du procès sur une série de 17 SMS transmis entre le 2 et le 7 août 2017, ponctuée d’un envoi de chocolats à son domicile, Abdel Rahmène Azzouzi a défendu une démarche « sentimentale » et des échanges « normaux ». « La moyenne d’envoi de SMS en France, c’est 47 par personne et par semaine, je n’y vois rien d’excessif. A ce moment, il n’y avait plus aucune relation hiérarchique entre nous. Je la trouve très jolie, j’en suis désolé », a expliqué Abdel Rahmène Azzouzi.

Des cadeaux

« Pourquoi vous n’arrêtez pas de la contacter ? Qu’est-ce que vous cherchez ? », demande la présidente, Monique Legrand. « Parce que dans notre pays, aucune personne mariée ne noue de relations avec d’autres ? », rétorque le chirurgien. « Une bouteille de champagne, 200 euros et un DVD du film « A bras ouverts », ça veut dire quoi », insiste Me Nathalie Valade, l’avocate de la plaignante. « L’argent, c’est maladroit », finit par concéder le chirurgien.

« Ce qui est de l’ordre du sentimental ne relève pas du sexuel. On est bel et bien sur du harcèlement, pas sur du harcèlement sexuel (…) Monsieur Azzouzi, ce n’est pas un homme qui saute sur les femmes », a plaidé son avocat Me Samim Bolaki. En fin d’audience, Abdel Rahmène Azzouzi s’est excusé « pour la contrainte qu’a ressentie » la victime, tout en se disant « très frappé » par « la quantité d’inexactitudes qui ont pu être portées » devant la justice.

Abdel Rahmène Azzouzi a été suspendu le 1er août 2018 à titre provisoire de sa fonction de chef de service, à la suite d’un signalement du CHU d’Angers au procureur de la République. Il exerce toujours au sein de l’établissement en tant que praticien hospitalier et professeur des universités.

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