Amours d’été: Animateur du club, mec plus âgé, touriste étrangère… Vos aventures improbables

L’été est propice aux rencontres, même improbables. — Pixabay

  • Des milieux sociaux opposés, une différence d’âge ou le fait de ne pas parler la même langue ne sont pas forcément des obstacles l’été.
  • 20 Minutes a demandé à ses lecteurs de raconter leurs aventures estivales, à travers une série de témoignages.
  • Notre deuxième épisode s’intéresse aux histoires d’amour insolites, mais qui laissent des souvenirs mémorables, que ce soit sentimentalement ou sexuellement. Même si, au final, chacun repart de son côté.

L’été, la saison qui booste la libido. Et lorsqu’on est à des kilomètres de chez soi en vacances, l’esprit serein, on est plus ouvert à l’aventure. Surgit alors celle ou celui qu’on n’attendait pas. Le pizzaïolo du resto de la plage, le voisin du camping qui a 15 ans de plus, la mère de famille aventureuse, le touriste russe…

Une attirance irrationnelle et un choc de deux mondes explosif qu’a connu Laure, qui a répondu à  notre appel à témoins : « Pour la première fois, j’ai été intriguée de façon incompréhensible par un inconnu. Je visitais une rivière souterraine. Le guide était plutôt sympathique et drôle. Je lui ai envoyé un message via les réseaux sociaux. On a fini par se voir trois jours plus tard. Notre histoire a duré 24 heures, avant que je reparte », raconte-t-elle. Céline, elle aussi, n’aurait pas imaginé vivre une aventure avec le sauveteur du bord de mer. Et pourtant : « C’était improbable qu’il me voit sur cette plage mais un jour, il m’a appelée et tout a commencé. Cette plage, toutes les années d’après, j’y repensais… », évoque-t-elle avec nostalgie. Et force est de constater qu’en été, les barrières sociales tombent plus facilement, comme l’analyse Florence Lautrédou, psychanalyste spécialiste du couple et auteure de L’Amour, le vrai* : « Comme on est loin du quotidien, on est ouvert au-delà de nos frontières aux rencontres qui ne sont pas cohérentes avec nos références habituelles. En maillot de bain, le statut social est moins perceptible. Et à un cours de kite surf, les vacanciers ne se présentent pas avec leur carte de visite », résume-t-elle.

Une sexualité plus débridée en été

Et le caractère insolite de la rencontre estivale semble parfois avoir un effet aphrodisiaque, comme en témoigne Justine, qui a eu une aventure torride avec un animateur de club de vacances. « La première fois, on s’est retrouvé dans une salle du club. On a commencé par regarder un film, puis se câliner, se déshabiller et finalement coucher ensemble. Ensuite, on a continué à passer des nuits dans des canapés pourris, en évitant caméras et veilleur de nuit, parce qu’absolument tout ce qu’on faisait était interdit ! On couchait ensemble un peu partout. L’interdit y était sûrement pour beaucoup ». Aline a elle aussi atteint le 7e ciel, avec un homme de 24 ans de plus qu’elle, un été, à Marrakech : « Il portait la moustache et avait de beaux cheveux poivre et sel. Son regard m’a foudroyée. Comme si je sentais qu’on allait faire des étincelles au lit tous les deux. Un soir, il m’a embrassée comme jamais personne ne l’avait fait. Clairement, je ne répondais plus de mon corps. Nous avons fait l’amour tout le reste de la nuit dans sa chambre. Je suis revenue dans mon lit à 6h du matin, fatiguée, mais comblée ! Nous avons continué notre petit manège avec des mains baladeuses à la piscine, des bisous volés à table et des nuits torrides jusqu’à la fin de mon séjour ».

Une sexualité débridée qui est propre à ce type de rencontres estivales inattendues, selon Florence Lautrédou : « Le caractère éphémère de ce type de relations fait qu’on les déguste avec plaisir. On se lâche beaucoup plus sexuellement. Et pour les personnes très contraintes habituellement dans leur vie quotidienne, une aventure l’été peut entraîner d’autant plus une explosion de la vitalité. Sans compter qu’avec l’alcool, la quasi-nudité et la chaleur, la sexualité est plus intense », constate-t-elle.

« On a fini par s’embrasser et puis elle m’a rejoint dans ma tente »

L’été, c’est aussi parfois l’occasion de s’autoriser une infidélité, que l’on ne se serait pas permise dans sa vie quotidienne. « J’ai trompé ma femme sans avoir aucun remords », confie ainsi Alain. Lucie, elle aussi, a dérapé : « Je partais en vacances en Charente-Maritime avec mes parents, très triste à l’idée de devoir me séparer de mon chéri pendant une semaine. A peine arrivée, j’ai fait la rencontre d’un charmant garçon. Je le trouvais un peu hautain et puis au fil des jours, et grâce aux activités proposées, on a commencé à se rapprocher. Ce jeu de séduction me plaisait énormément, il y a eu d’énormes rapprochements que j’appréciais, malgré les messages de mon copain disant qu’il espérait que je n’avais pas fait de bêtises. Puis vint la fin des vacances, j’ai eu l’impression qu’on m’arrachait le cœur quand je lui ai dit au revoir. Quelle merveilleuse semaine. Je sais que je n’aurais pas dû, mais ça m’a fait un bien fou ». Une liberté que décrypte Florence Lautrédou : « On est dans un espace-temps suspendu. Ce qui fait parfois oublier son statut sentimental ou familial. La relation se vit sur un mode au présent, sans programmation. L’esprit aventureux saisit ces moments de connexion, sans se poser trop de questions ».

La rencontre improbable de l’été est aussi parfois celle d’une personne du même sexe. Comme cela est arrivé à Romane : « Je n’ai pas rencontré un homme, mais une femme, alors que je me considérais plutôt comme hétéro. Il s’est passé quelque chose d’étrange en moi. Elle était tellement pétillante et tellement belle, avec ces cheveux blonds et ses tatouages multicolores. Tout a commencé par quelques échanges verbaux, quelques sourires, puis des gestes un peu plus affectueux. A la fin de cette première journée de festival, on a fini par s’embrasser, puis elle m’a rejoint dans ma tente. On a passé trois jours de festivités sans se quitter, à base d’éclats de rire et de moments tendres. Je crois que je n’avais jamais été aussi heureuse depuis très longtemps. Tout a été tellement inattendu et spontané, c’est ce qui a fait tout le charme de cette rencontre », ajoute-t-elle.

Le caractère improbable de la relation la rend éphémère

Parfois, c’est l’exotisme qui crée l’étincelle, comme ce fut le cas pour Benjamin : « C’était un 14 juillet, j’ai vécu une révolution affective avec une magnifique Andalouse ». Matthieu a lui aussi connu l’extase avec une jeune femme russe, qui ne parlait qu’anglais, rencontrée dans un club : « On a passé la moitié de la nuit à discuter. Quand on est sorti du pub, on a marché dans la rue. Là, j’étais envoûté ! A chaque proposition que je lui faisais, elle acceptait avec comme réponse « pourquoi pas ? ». A chaque moment, c’était magique, oublié le Matthieu timide et qui n’ose pas. Tard dans la nuit, on s’est baigné avec la chaleur encore intense de l’été. Exit le haut, on s’est découvert mutuellement et ça a fini en bain de minuit ». Amélie a aussi connu le Nirvana avec un bel étranger. « J’étais en voyage en Argentine pour présenter les résultats de mes travaux de recherche lors d’un congrès. Je m’étais échappée pour visiter les chutes d’Iguazu, et j’ai eu le coup de foudre pour le touriste assis à côté de moi. J’en ai changé mes billets d’avion ! Il m’a emmenée visiter Buenos Aires, à un jour de route de là. Il était Australien, surfeur, grand, blond, beau, comme on l’imagine », témoigne-t-elle.

Et ces moments de connexion sentimentale ou physique laissent souvent des souvenirs inoubliables, comme pour Lourdes, qui a connu une aventure fugace au Portugal : « C’est un des meilleurs moments de ma vie. C’était en août 2010. J’avais 40 ans, j’avais l’impression d’en avoir 18 », se souvient-elle avec émotion. Comme ce fut le cas pour Adeline, qui a vécu quelque chose de très fort avec Stefan « Il m’a invitée à danser sur Hotel California, on s’est ensuite assis sur des marches dehors, il m’a dit un truc à propos des étoiles et il m’a embrassée. On a vécu une semaine géniale, complètement collés l’un à l’autre. Je rentrais à 6h du matin, juste avant que mes parents ne se lèvent, pour qu’ils ne se rendent pas compte que j’avais découché. Avec le recul, vingt-six ans plus tard, je pense que cette histoire m’a imprégnée ». Cette intensité, beaucoup d’amoureux de l’été la ressentent, selon Florence Lautrédou : « Notre société sacralise les vacances, on se met une pression pour qu’elles soient légendaires. D’où une forme d’intensification volontaire du plaisir qu’on ressent ». Même si, au final, le caractère improbable de la relation fait que chacun repart de son côté. Amélie le confirme : « Après cette parenthèse, mon Australien m’a proposé de le suivre dans son tour du monde… Je suis restée raisonnable et suis rentrée en Europe, finir mes travaux de recherche… C’était il y a dix ans, et je me souviendrai toujours de ces belles vacances volées ! »

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*L’Amour, le vrai, de Florence Lautrédou, ed. Odile Jacob.

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