Amiante : Les autorités sanitaires suggèrent de mieux reconnaître certains cancers

Certains cancers du larynx et des ovaires sont bien liés à une exposition à l’amiante, ont confirmé ce lundi les autorités sanitaires françaises, se prononçant pour faciliter leur indemnisation comme maladie professionnelle. Ces deux types de cancers sont « sous-déclarés et sous-reconnus », quand ils sont liés à une exposition professionnelle à l’amiante, a estimé dans un communiqué l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Celle-ci, qui avait été saisie par plusieurs ministères (Santé, Travail…) pour évaluer le sujet, vient de rendre un rapport dans lequel elle confirme l’existence d’un lien de cause à effet entre ces cancers et l’exposition à l’amiante. En revanche, l’Anses n’a pas examiné le lien entre l’amiante et d’autres cancers – pharynx, estomac, colorectaux –, alors que cela lui avait été demandé. Elle explique ce choix par des considérations de « ressources » et de « calendrier ».

Un produit interdit dans de nombreux pays désormais

L’amiante, utilisé pendant plusieurs décennies au cours du XXe siècle dans la construction de bâtiments, est désormais interdit dans de nombreux pays comme la France, en raison de ses effets dangereux pour la santé. Son lien avec les cancers du larynx ou des ovaires était déjà reconnu depuis plusieurs années par différents organismes, dont l’Institut de veille sanitaire – ancêtre de l’actuel Santé publique France – et, à l’étranger, le Centre international de recherche sur le cancer, lié à l’ONU. Il est toutefois documenté de manière moins bien détaillée que pour d’autres cancers, comme ceux de la plèvre ou du poumon.

L’institution ouvre donc la voie à une meilleure indemnisation des malades, en favorisant leur reconnaissance comme maladie professionnelle. Elle se prononce pour la création de tableaux de maladies professionnelles pour ces deux types de cancers, comme c’est déjà le cas pour ceux des voies bronchopulmonaires. Une telle mesure créerait une « présomption d’origine » pour les cancers concernés, ce qui faciliterait les démarches des patients. Actuellement c’est à la victime de faire la preuve du lien.