« American Nightmare 5 : Sans limite » vire du conte horrifique au brûlot politique

Il n’est pas facile de se renouveler pour le cinquième volet d’une franchise à succès. C’est pourtant ce parvient à faire American Nightmare 5 : Sans limites. Rappelons les règles de la franchise : une nuit par an, les Américains peuvent commettre tous les crimes possibles en pleine légalité, ce qui est censé leur permettre de se défouler.

« On avait déjà bien fait le tour de cette thématique, explique le réalisateurEverardo Gout à 20 Minutes. Quand on m’a proposé de me pencher sur la question, j’ai eu envie d’aller encore plus loin en me demandant vers quelles dérives pouvait mener ce déferlement de violence. » Formé avec des séries comme The Terror et Snowpiercer, le cinéaste n’a eu aucun mal à se mettre au diapason du scénario de James DeMonaco, créateur d’American Nightmare et réalisateur des trois premiers opus.

Un message dans le divertissement

« James DeMonaco et le producteur Jason Blum m’ont laissé une liberté complète pour innover, précise Everardo Gout. Ils savaient qu’il était temps de changer de décor et de transposer l’action en plein jour. Ils n’ont pas rechigné à métamorphoser la saga en brûlot au fort contenu politique. » L’action se passe après la nuit de tueries habituelles quand les criminels décident tout simplement de ne pas s’interrompre au lever du jour. « Cette idée me semblait parfaite pour dénoncer le racisme et la xénophobie de certains Américains notamment pendant l’ère Trump », insiste le cinéaste d’origine mexicaine. Une population réfugiée aux Etats-Unis dans l’espoir de fuir des narcotrafiquants y découvre que leur avenir n’est guère plus brillant de l’autre côté de la frontière.

« Selon moi, le succès de la saga vient du fait que le public peut s’identifier à ces gens ordinaires contraints de faire face aux brutalités de personnes qui pourraient leurs voisins », explique Everardo Gout. Ce conte horrifique prend ses racines dans un Texas dysoptique mais il ne faut pas pousser bien loin pour reconnaître un monde proche du nôtre. « On a mis l’accent sur des scènes d’affrontements réalistes pour donner à réfléchir mais notre film est avant tout un divertissement », martèle le réalisateur. C’est ce que le spectateur peut se répéter en boucle pour ne pas se laisser emporter dans un flot de pensées pessimistes sur la noirceur de l’espèce humaine.