Alsace : C’est quoi ces « bracelets du mieux-être » brevetés par un kiné ?

Il y a les bracelets en or, argent, brésiliens… et maintenant les « bracelets du mieux-être ». Son concepteur l’admet, « ce ne sont pas les plus beaux ». « Mais le but c’est d’en faire des bijoux actifs », ajoute Nicolas Stos, qui les a surtout brevetés avec des visées thérapeutiques.

L’idée de ce masseur-kinésithérapeute natif du Haut-Rhin remonte à 2015. L’actuel trentenaire était alors encore étudiant à l’école spécialisée de Kehl (Allemagne), en plein stage dans les hôpitaux. « Et je me rendais compte que les patients qui venaient souvent de se faire opérer de la hanche, du genou ou autres faisaient rarement leurs exercices et ne progressaient pas beaucoup », retrace-t-il. « Je peux les comprendre, l’environnement n’est pas toujours évident. Mais je voulais les aider à optimiser chaque mouvement. »

Nicolas Stos avec ses bracelets qui se trouvent aujourd'hui en cinq couleurs. Ils seront bientôt davantage personnalisables.
Nicolas Stos avec ses bracelets qui se trouvent aujourd’hui en cinq couleurs. Ils seront bientôt davantage personnalisables. – Nicolas Stos

Comment ? Peut-être avec des bracelets lestés avec du sable, que certains utilisent pour se muscler. « C’était ma première idée mais c’était trop lourd et pas pratique du tout », coupe le professionnel de santé. « Je n’ai rien sur trouvé qui existait de plus léger donc j’ai essayé d’optimiser moi-même mes bracelets. » Avec des petits morceaux de métal « pas aimanté ni magnétique », le tout mis dans une gaine de silicone elle-même habillée de tissu. « Que j’ai dû coudre. Je ne savais pas mais j’ai appris », s’amuse Nicolas Stos, qui a ensuite dû trouver des cobayes.

Si les premiers ont été ses confrères de promo, « 1.500 personnes ont testé aujourd’hui ». Avec des retours très positifs à en croire le créateur, encouragé dans sa démarche. « Les gens qui avaient essayé avaient moins de douleur ou plus du tout. Même si ce n’était pas esthétique, ils étaient déjà prêts à l’acheter. »

Depuis, l’entrepreneur a vendu 500 paires de ces bracelets, qui se mettent soit aux poignets soit aux chevilles. Les premiers vont de 200 à 300 grammes pour 65 euros, les seconds de 430 à 570 contre 85 euros. « Le but n’est pas de les mettre en permanence. La nuit ça ne sert à rien et la journée, il faut éviter de les sentir. Si c’est le cas, on fait une pause et on le remet plus tard mais pas seulement dix minutes car sinon, l’effet est minime. »

Lui prône donc un usage quotidien afin « de renforcer en profondeur les muscles ». « La médecine actuelle le dit, il faut vraiment renforcer ses muscles. Avec les bracelets, on travaille davantage et ça aide à soigner, ou au moins à soulager des tendinites, l’arthrose, des soucis de hanche etc. J’ai même un professeur en Allemagne qui les conseille pour équilibrer la marche des patients atteints de Parkinson. Et enfin même ceux qui n’ont pas de pathologies ou de douleurs peuvent les porter, c’est toujours bon de se renforcer », précise encore Nicolas Stos, conscient que ses produits sont encore peu connus ni utilisés.

« J’ai apporté une nouvelle utilisation »

Qu’en pense justement l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes ? « Sincèrement, je ne vois pas où est la nouveauté. J’en prends déjà chez un fournisseur, ils sont lestés avec du sable et plus lourds », réagit Gilles Colotte, le président du CDOMK du Bas-Rhin, sans nier les facultés de renforcement musculaire. « C’est vrai que ça existait mais j’ai apporté une nouvelle utilisation. Ceux avec du sable sont lourds et ne peuvent pas être utilisés dans la vie de tous les jours. Avec les miens, c’est l’objectif. Je vise un renforcement dans le quotidien des patients. »

Il est de toute façon bien décidé aujourd’hui à développer ses créations, qu’il assemble toujours chez lui. Il a déposé un brevet et leur a donné un nom : « Weitna ». « Car je suis fan du volcan Etna (en Sicile) et j’ai ajouté un W pour faire phonétiquement « poids » en anglais. L’entrepreneur, qui vit à Hagenthal-le-Bas (Haut-Rhin) et exerce à Bâle (Suisse) a de nombreuses idées pour encore développer son produit.

« On pourra bientôt les personnaliser et les connecter, comme un podomètre. Ça permettra de voir la charge portée au quotidien », prévoit-il, convaincu des bienfaits. « Je l’assure, moi aussi j’étais dubitatif au début et je suis toujours le premier à me poser des questions pour mes patients. Ce concept est vraiment bien. Je suis professionnel de santé, je ne voulais pas ramener une merde sur le marché. »