Alpes-Maritimes : Que sait-on de l’agression de deux réfugiées ukrainiennes qui est remontée jusqu’à Kiev ?

Dimanche soir, Alina et Olena, deux réfugiées ukrainiennes, ont été violemment agressées alors qu’elles se promenaient sur le bord de mer de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes. Identifié comme un Russe par les victimes, l’agresseur, qui a été interpellé, est en réalité un Ukrainien. Une affaire sur fond de guerre qui a fait réagir jusqu’en Ukraine. 20 Minutes fait le point.

Que s’est-il passé ?

Alina et Olena, deux réfugiées ukrainiennes sur la Côte d’Azur depuis le mois d’avril, se baladaient sur le bord de mer de Roquebrune-Cap-Martin. Alors qu’elle venait de lancer sur un portable une vidéo accompagnée d’une musique ukrainienne qu’elle avait reçue, un groupe de quatre personnes les croise. « Les paroles de la chanson disaient : « Le monde serait meilleur sans armée russe », a expliqué Alina au quotidien local Nice-Matin. Un des hommes nous a foncé dessus. Il m’a frappée au visage, je suis tombée par terre et il m’a donné des coups de pied. Il a ensuite frappé ma mère à trois reprises. »

Les deux femmes ont passé la nuit à l’hôpital avec plusieurs contusions, et le nez cassé pour la plus âgée des deux. Elles ont eu trois et cinq jours d’ITT.

Un quiproquo sur l’identité de l’agresseur

Les victimes étaient alors persuadées que leur agresseur était de nationalité russe. Alina a même affirmé dans son témoignage : « Quand il a parlé, on a compris. » Mais mardi soir, c’est un ressortissant ukrainien qui était interpellé et qui a « reconnu les violences en les minimisant », a annoncé par la suite le procureur de la République de Nice.

Entendu par le juge des libertés et de la détention mercredi dans la soirée, cet ancien militaire de 33 ans reconverti en garde du corps et arrivé en France il y a sept mois, affirme avoir été insulté par ses deux compatriotes, qu’il croyait russes, lui aussi.

D’après son avocat, Me Daniel Roscio, il aurait compris des phrases comme « les Ukrainiens vont mourir » de la part des deux femmes qui, selon cet ex-militaire, auraient un « accent russe ». Et même s’il a reconnu les faits, il les minimise. Il estime que ses gestes étaient de simples « gifles », qu’il a « juste posé sa main sur leur visage », explique encore l’avocat à 20 Minutes. Les images de vidéosurveillance, que Me Roscio a pu consulter, montrent cependant de « réels coups de poing ». Cet individu « très costaud », selon les mots de Me Roscio, a tout de même dit regretter sa réaction et est prêt à indemniser les deux femmes.

L’affaire sera jugée le 17 novembre. En attendant, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de contacter les victimes, de retourner à Roquebrune-Cap-Martin et de quitter le territoire français. Son passeport a été confisqué. Il doit également pointer deux fois par semaine à la caserne Auvare, à Nice.

Des réactions jusqu’en Ukraine

L’affaire, partagée sur les réseaux sociaux, était rapidement remontée jusqu’au gouvernement ukrainien. « Les agresseurs doivent être punis », a affirmé le porte-parole du ministre des Affaires étrangères Oleg Nikolenko. L’ambassade d’Ukraine en France avait assuré, à travers un tweet, qu’elle « coopérait avec les autorités françaises pour une enquête rapide », dénonçant un « incident odieux ».