Alpes-Maritimes : L’ARS tire la sonnette d’alarme après au moins 22 cas de dengue dans le département

Ce n’est pas encore une épidémie mais au moins « un cluster », dit le Pr Michel Carles. Ce mercredi, devant la presse et à l’invitation de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Nice est venu dire l’importance de se protéger des moustiques tigres dans plusieurs communes des Alpes-Maritimes. Depuis le 23 août, 22 cas autochtones de dengue, transmis par leur piqûre, ont été diagnostiqués à Saint-Jeannet (15), Gattières (6) et La Gaude (1), a révélé l’ARS. « Et il y a encore des suspicions pour lesquels nous attendons les résultats des laboratoires », précise Romain Alexandre, son délégué départemental.

Mortelle dans seulement 0,1 % des cas, l’infection passe la plupart du temps inaperçue. Elle provoque sinon « des symptômes grippaux communs à plusieurs autres maladies », fièvre, douleurs musculaires ou articulaires, fatigue ou encore maux de tête, et avec le risque de développer des complications plus ou moins graves, rappelle le Pr Michel Carles. « Un patient a été hospitalisé avec une forme neurologique. Il était dans un état de confusion et de crise épileptique », explique-t-il.

Consulter « immédiatement » en cas de symptômes

C’est la première fois, dans le département, qu’un foyer aussi important de cette maladie endémique des pays tropicaux et subtropicaux se déclare chez des personnes n’ayant pas voyagé. « Mais la dissémination est limitée. Nous avons des familles de 3-4 personnes parmi ces cas. Ce qui fait qu’on ne craint pas une extension forte de la chaîne de transmission », tempère Jérôme Raybaut, responsable du département des alertes sanitaires à l’ARS. D’autant plus que des opérations de démoustication ont été organisées autour des habitats de chaque patient diagnostiqué.

Pour prévenir de nouvelles contaminations, l’organisme demande en tout cas plus que jamais de limiter la prolifération de l’insecte, en éliminant les points d’eau stagnante, mais aussi de se protéger des piqûres et de « consulter immédiatement son médecin traitant en présence de symptômes évocateurs ».

La dengue bientôt endémique sur la Côte d’Azur ?

Des règles qu’il faudra suivre à la lettre dans les années à venir « avec le réchauffement climatique et des conditions tropicales qui favoriseront la multiplication des moustiques », appuie le Pr Michel Carles. Car la dengue pourrait devenir endémique aussi sur la Côte d’Azur. « Ça peut être dans 10 ans, dans 20 ans, peut-être au-delà mais aussi peut-être plus rapidement », avance le spécialiste.

Selon une étude de 2016, publiée dans la revue Ebiomedecine, Nice afficherait à l’horizon 2060 le plus fort « potentiel épidémique de dengue » parmi les grandes villes d’Europe. Devant Athènes, Malaga ou encore Paris.