Alpes-Maritimes : Dans ce village de l’arrière-pays niçois, l’unique épicerie a baissé le rideau

Situé sur un piton rocheux à 10 km de Nice, Falicon pourrait bien postuler au prix du plus beau village de France, avec son château du XIIe siècle, son église baroque et les murs de son rempart. Mais les 2.000 habitats que compte cette commune des Alpes-Maritimes se retrouvent aujourd’hui sans son unique épicerie. Le commerce a baissé le rideau.

« Le village est un cul-de-sac et beaucoup rechignent à monter pour venir faire leurs courses », reconnaît Anaïs Tosel, la maire DVD, pour expliquer les difficultés qui ont conduit à la fermeture du Fali’Comptoir, qui faisait aussi café-restaurant. Delphine Frasse, la gérante, évoque une autre raison : « J’ai souffert des travaux, des fêtes organisées en bas du village. J’ai perdu 50.000 euros de chiffre d’affaires en trois ans », explique cette maman de 39 ans, qui a repris un emploi salarié dans la restauration.

« Elle ne nous a pas informés de ses difficultés, nous aurions pu faire appel à la solidarité des Faliconnais », rétorque la maire, rappelant que le local était mis à disposition pour un loyer « modique », avec en plus un logement loué 600 euros par mois.

Pour le « lien social »

Falicon, « passé de 2.025 à 2.048 habitants » n’est paradoxalement pas de ces hameaux qui se meurent. Le village « attire les jeunes couples qui travaillent à Monaco, Menton ou Nice », assure la maire, selon qui, les travaux en cours sont la démonstration de cette vitalité. Une nouvelle école pour 170 élèves, un terrain de foot, et surtout, un parking de 80 places pour remédier au grand problème du village, le stationnement, sont prévus.

Mais il est aussi « fondamental d’avoir des petits commerces qui contribuent au tissu économique local, au dynamisme du village et au lien social », reconnaît l’élue. Alors pour éviter que Falicon n’entre dans les 59 % de villages ruraux privés de commerces de proximité, selon l’Insee, la commune entend vite rouvrir son épicerie : « Nous avons déjà été sollicités par des gens qui ont une expérience du commerce », se réjouit-elle.

Une question reste en suspens : si proche des centres commerciaux niçois, une épicerie de village est-elle encore viable ? « Je pense que oui, avec l’impulsion que la mairie pourra donner », répond l’ancienne gérante. Avant elle, dans le même local, « un couple a tenu l’épicerie pendant quinze ans, donc oui, c’est viable », tranche la maire.