Alpes-Maritimes : Avec Beltfrombike, cet Azuréen fabrique des ceintures à partir de pneus de vélo usés

« Actuellement, il n’existe pas de filière de recyclage des pneus de 
vélo en France. La solution reste de les jeter dans la poubelle noire », indiquait en 2019 Wiklou, « le wiki du biclou ». Mais David Magrini, créateur de Beltfrombike, complète : « l’autre solution, c’est d’en faire une ceinture ! ».

Ce cycliste « de toujours », qui réside à Roquebrune-Cap-Martin, près de Nice, dans les Alpes-Maritimes, fait entre « 5.000 et 6.000 km » de vélo de route par an. « C’est à force de changer mes pneus que j’ai eu l’idée de faire quelque chose pour éviter de les jeter », raconte-t-il. Sellier de formation et actuellement dans le domaine de l’hôtellerie, l’Azuréen de 33 ans n’avait « jamais eu le temps de concrétiser ce projet » avant… Le confinement et le coup d’arrêt de son activité principale.

« Je n’avais rien à faire alors je me suis lancé et je me suis dit que j’allais faire les choses bien, se souvient-il. J’ai appris tout seul en prenant une vieille ceinture et en regardant comment elle était faite. J’avais des bases de ma formation initiale mais au début, j’ai tâtonné. » Il sourit en pensant aux moments où il découpait les pneus avec des ciseaux. Le Roquebrunois s’est maintenant équipé d’une machine adaptée.

Des modèles uniques pour que « ça ne finisse pas à la poubelle »

Attaché à avoir un objet de qualité, il sélectionne lui-même « de belles boucles » dans une boutique de Nice. « Maintenant que j’ai les bons outils, je mets une bonne demi-heure pour faire une ceinture, estime l’artisan. Au bout d’un an, je pense avoir trouvé mon style pour rendre un joli produit. Comme les pneus sont souvent noirs, j’essaie de jouer avec la marque par exemple. » Il est conscient qu’il existe d’autres entrepreneurs sur le marché mais il a « sa touche », il fait « ce travail à sa manière ».

« C’est une passion pour moi. Je mise sur le côté personnel en promouvant le souvenir d’un événement particulier, comme une compétition ou un voyage fait à vélo, qu’on porte en soi mais qui peut être aussi porté sur soi. » Les clients lui envoient leurs pneus ou des proches commandent un produit repéré sur son site pour faire un cadeau. Sinon, ce sont des magasins de vélo qui lui mettent de côté ce qu’ils récupèrent. Dans tous les cas, « ce sont des modèles uniques ».

Même si David ne peut pas en faire son activité principale, « parce que ça demande du temps et des moyens » , il est satisfait de sa « petite production ». « Les ceintures sont vendues entre 25 et 35 euros. L’objectif n’est pas de me faire de l’argent mais d’éviter qu’on jette ces déchets à la poubelle. Je suis heureux de pouvoir leur donner une seconde vie », résume-t-il. Et sa volonté de recycler va plus loin. Quand il lui reste des bouts de pneus après la ceinture, il en fait des porte-clés. « Je me suis aussi mis à faire des bracelets avec des maillons de chaînes ». Apparemment, le passionné en garde sous la pédale.