France

Allergie aux pollens : Comprimés, durée, efficacité… La désensibilisation expliquée.

En France, 30 % des adultes et 20 % des enfants de plus de 9 ans souffrent d’allergie aux pollens, selon les chiffres de l’Anses. La désensibilisation débute en octobre ou novembre pour les bétulacées et en décembre ou janvier pour les graminées, et doit être commencé deux à quatre mois avant la saison pollinique.


Les yeux rouges et irrités, la gorge qui démange, des éternuements répétés et un nez qui coule… Si, comme 30 % des adultes et 20 % des enfants de plus de 9 ans vivant en France, vous souffrez d’allergie aux pollens (données de l’Anses*), vous l’avez sans doute remarqué : la saison des pollens a démarré.

Face à ces symptômes gênants, chacun a sa méthode : prendre un antihistaminique chaque soir, utiliser un collyre pour nettoyer ses yeux, se laver les cheveux tous les jours afin d’éliminer les pollens. Cependant, il existe une solution plus durable, tant pour les adultes que pour les enfants de plus de 5 ans : la désensibilisation. Vous voulez dire ce traitement très contraignant qui dure des années et qui n’est pas toujours efficace ? 20 Minutes fait le point sur cette immunothérapie souvent entourée d’idées reçues.

Pour quels types de pollens ?

Avant de commencer une désensibilisation, il est important de savoir exactement à quoi l’on est allergique. Une grande variété de pollens circule en France, et la désensibilisation est possible pour une grande partie d’entre eux. De janvier à mai, les bétulacées – qui incluent le bouleau, l’aulne, le noisetier et le charme – sont problématiques pour les personnes allergiques. Les graminées, présentes dans les herbes, font leur apparition un peu plus tard, entre avril et septembre.

« On va réaliser des tests afin de déterminer les allergènes et de cibler ceux qui sont les plus pertinents », explique l’allergologue Nhân Pham-Thi. « Si la désensibilisation aux pollens et aux acariens ne peut être effectuée simultanément, il est possible de combiner différents pollens, comme les bétulacées et les graminées », ajoute Pascale Mathelier-Fusade, allergologue à l’hôpital Tenon (Paris). Cependant, trop d’allergènes dans un même traitement peut diluer les doses efficaces. C’est pourquoi les allergologues se limitent généralement à deux allergènes.

En quoi consiste-t-elle ?

« Il faut que notre corps apprenne à vivre avec le pollen, résume la docteure Mathelier-Fusade. Pour cela, nous allons administrer une quantité de pollen suffisamment importante pour l’accoutumer, mais pas trop pour éviter les effets secondaires, puis nous augmenterons progressivement la dose. »

L’immunothérapie doit être réalisée durant l’hiver, quotidiennement, sous forme de gouttes à garder deux minutes sous la langue, dont le liquide doit rester au frais en permanence, ou sous forme de comprimés, également à fondre sous la langue. Deux méthodes plus ou moins contraignantes. « Le choix entre l’un ou l’autre dépend de la tolérance du patient, notamment de sa sensibilité digestive et rénale », précise le docteur Pham-Thi.

Quelle est sa durée ?

La désensibilisation commence en octobre ou novembre pour les bétulacées, et en décembre ou janvier pour les graminées. « Le traitement doit être initié deux à quatre mois avant la saison pollinique et se poursuivre pendant la saison pollinique, soit environ six mois », précise Pascale Mathelier-Fusade. Pour que l’immunothérapie soit efficace, elle doit être renouvelée pendant trois à cinq années consécutives.

Quelle est son efficacité ?

Selon l’étude Practis menée en France sur plus de 1.000 patients ayant reçu une immunothérapie sublinguale, que ce soit sous forme de gouttes ou de comprimés, 90 % d’entre eux ont signalé un bénéfice clinique après six à douze mois de traitement.

« Il y a toujours une réduction des symptômes, mais l’importance de cette diminution dépend de l’assiduité et du sérieux du patient », souligne l’allergologue Nhân Pham-Thi, ajoutant que « dès la première saison, c’est radicalement efficace ». Mais cette efficacité est-elle éternelle ? « Certains restent tranquille toute leur vie. D’autres le sont pour trente, vingt ou dix ans. Et dans de rares cas, pour une période plus courte. »

*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail