Allemagne: La piste du gourou émerge dans l’affaire des meurtres à l’arbalète

L’enquête se poursuit et stupéfait l’Allemagne. — CHRISTOPHE GATEAU / DPA / AFP

L’affaire de la tuerie à l’arbalète en Allemagne révèle chaque jour son lot de détails : l’homme découvert le corps criblé de flèches se comportait comme le gourou dominateur d’une secte ésotérique avec les autres femmes retrouvées mortes, selon des médias. Cet étrange dossier, où se mêlent soupçons de manipulation, y compris sexuelle, d’ésotérisme médiéval et de pacte suicidaire, laisse perplexe l’opinion allemande depuis plusieurs jours.

Et le mystère pourrait ne pas être éclairci avant longtemps : la police a déclaré mercredi avoir encore besoin de deux à trois semaines pour obtenir un premier résultat concluant, en raison notamment de la durée des examens biologiques diligentés sur les corps des cinq victimes, quatre femmes et un homme, retrouvés dans le sud et le nord de l’Allemagne, à 600 kilomètres de distance. Ces personnes étaient manifestement liées entre elles, y compris sur le plan intime, selon plusieurs médias.

Gourou tyrannique

L’homme, identifié sous le nom de Torsten W, 53 ans, semble avoir joué un rôle central dans le groupe. D’après la chaîne de télévision RTL Allemagne et le quotidien Bild, il paraît s’être comporté en gourou tyrannique pour contrôler les quatre femmes. « Les enquêteurs soupçonnent qu’ils étaient tous membres d’un genre de groupe sexuel focalisé sur le Moyen-Âge. Torsten W. Pourrait avoir été leur gourou », a dit RTL.

Torsten W, 53 ans et à la longue barbe blanche tenait une boutique médiévale en Rhénanie-Palatinat (ouest), « Milites Conductius », et organisait le soir des séances de combat à l’épée. Il s’était fait tatouer des symboles des alchimistes, un mouvement ésotérique vivace au Moyen-Âge et prétendant parvenir à la transmutation des métaux.

Pas de traces de disputes

Les corps sans vie des cinq victimes ont été retrouvés en deux temps, samedi puis lundi. Les enquêteurs s’orientent dans ce contexte toujours vers la piste d’un pacte suicidaire, sans qu’une raison claire ne soit encore définie. Torsten W. et Kerstin E., qui vivaient en couple, ont été tuées d’un carreau tiré dans le cœur. D’autres carreaux ont ensuite été tirés post-mortem, dont certains dans la tête, probablement par la troisième victime, Farina C., une femme de 30 ans qui se serait ensuite suicidée à l’arbalète en se tirant un carreau dans le cou.

« Aucun élément ne montre qu’il y ait pu y avoir une dispute entre les personnes présentes » dans la chambre, a fait savoir la police. Concernant les corps des deux dernières femmes, Carina U. et Gertrud C., là encore l’autopsie n’a décelé « aucun signe de violence extérieure ». Et leur mort, dont la cause reste inconnue, remonte à « quelques jours », a dit la police.

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