France

Alimentation durable : Leclerc, Carrefour et Intermarché mal classés en Europe

Selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark, Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu’E.Leclerc arrive dernier (27e) parmi 27 enseignes évaluées sur leurs actions concernant le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable. Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu’ils les publient, tandis que les progrès de E.Leclerc sont inconnus, seules les émissions de 2023 ayant été publiées.


Les mauvais élèves. D’après un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark, les principaux supermarchés français « sont à la traîne » concernant le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale par rapport à leurs pairs européens. Aucun des trois détaillants français étudiés n’atteint le top 10 : Carrefour se positionne 12e, Intermarché 20e, tandis qu’E.Leclerc, qui est le premier distributeur en France en parts de marché, arrive en dernière position (27e) selon l’étude de ce centre néerlandais, soutenu par le Réseau action climat (RAC).

Deux critères ont été utilisés pour évaluer 27 enseignes dans cette étude : les actions entreprises pour réduire les émissions de CO2 conformément à l’Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines en faveur d’aliments d’origine végétale plutôt qu’animale.

Des plans peu concrets. Carrefour est la seule enseigne à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme, tandis que « les plans climat d’E.Leclerc et d’Intermarché ne sont pas encore concrets », estiment les rédacteurs de l’étude. « Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu’ils les publient », et « les progrès d’E.Leclerc sont inconnus », seules les émissions de 2023 ayant été rendues publiques, ajoutent-ils.

En ce qui concerne la « transition protéinique », Carrefour, plus que par le passé et que ses concurrents, « met le paquet pour » vendre « plus de légumineuses » ou de « produits céréaliers complets », mais le groupe français « continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande », a affirmé Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le Réseau action climat « exhorte le gouvernement » français « à renforcer l’encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) », qui est attendue depuis plus de deux ans.

Bons élèves. Les Pays-Bas se distinguent en tête du classement, avec la branche néerlandaise de Lidl (1er), suivie des distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l’étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Les bons élèves incluent également les enseignes de Lidl en Pologne (2e), en Allemagne (5e) et en Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e). Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).