Algérie : Les cinq candidats à la présidentielle signent une charte d’éthique

Des Algériens défilent dans les rues d’Alger, le 15 novembre 2019, pour protester contre les candidats qui se présentent à l’élection présidentielle du 12 décembre. — RYAD KRAMDI / AFP

A la veille du début de la campagne électorale en Algérie, les cinq candidats en lice pour l’élection présidentielle du 12 décembre ont signé ce samedi une charte d’éthique des pratiques électorales à Alger, selon des images diffusées par une chaîne privée à la veille du lancement de la campagne.

Vendredi, les Algériens sont sortis massivement dans les rues pour dire non au scrutin destiné, selon eux, à recycler le système en place. Le « Hirak », le mouvement de contestation inédit apparu le 22 février, ne faiblit pas. Après avoir obtenu en avril le départ d’Abdelaziz Bouteflika, le mouvement avait rejeté la présidentielle du 4 juillet qui n’a pas eu lieu faute de candidats.

Des panneaux électoraux ont été recouverts de slogans hostiles au vote, avant même l’affichage des portraits des candidats, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

La charte d’éthique, une première dans le pays

Cette charte élaborée par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) « expose les principes directeurs et les pratiques particulières qui forment le cadre du comportement moral attendu des acteurs et personnes participant au processus électoral ». Tour à tour, les cinq candidats – qui ont tous participé aux 20 ans de présidence d’Abdelaziz Bouteflika ou l’ont soutenu – ont signé la charte puis pris la parole.

Les signataires s’engagent à « s’abstenir de tous propos diffamatoires, insultes, invectives envers un autre candidat ou acteur du processus électoral et toute autre déclaration qu’ils savent être erronée ».

C’est la première fois que des candidats à une élection dans le pays signent une telle charte.

Pas d’institutions de transition demandées par les manifestants

Le général Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, et le haut commandement militaire refusent depuis des mois toute autre voie de sortie de crise qu’une présidentielle et rejettent la mise sur pied d’institutions de transition réclamée par les manifestants.

La campagne électorale doit débuter dimanche pour les cinq candidats, parmi lesquels figurent les ex-Premiers ministres d’Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis et Abdelmajid Tebboune, des septuagénaires qui font office de favoris.

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