Alain Chabat assure que son « Late », sur TF1, « ne sera pas un divertissement creux »

Il s’apprête à réaliser un « vieux rêve » et veut avant tout « se faire plaisir ». Alain Chabat sera bientôt à la tête de son propre late show – « émission de fin de soirée » en français – sur TF1. Le premier numéro, très attendu, sera diffusé le 21 novembre, jour du coup d’envoi de la Coupe du monde au Qatar.

Fan du format, Alain Chabat avait perdu espoir de pouvoir un jour enfiler le costume du « clown blanc » afin de donner la réplique à des invités dans un programme quotidien. « Les grilles de télévision françaises ne sont pas du tout comme celles des chaînes américaines qui sont organisées à la demi-heure et à l’heure. J’avais dit à la direction de TF1 : « Si un jour vous modifiez toute votre grille, j’adorerais faire un show tous les soirs à 23 heures. » »

Ara Aprikian, directeur général adjoint des contenus de la première chaîne, lui a proposé le créneau de 21h55, dans la foulée des matchs du Mondial de foot et du magazine dédié à l’événement. L’émission durera le temps de dix numéros, durant la phase des poules, où aucune prolongation ne peut venir perturber la grille des programmes. « Je ne pouvais que dire oui », a assuré l’ancien membre des Nuls, lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi. « Je n’aurais pas signé pour un an », a-t-il précisé.

Les ex-Nuls sont « chauds bouillants »

Concrètement, à quoi va ressembler cette énième tentative d’adaptation, à la sauce française, des late shows – rappelons que, jusque-là, tous ceux qui s’y sont essayés se sont cassé les dents – ?

Alain Chabat campe le décor : « Ce seront des émissions en public, sur un plateau très simple meublé d’un bureau, de fauteuils et équipé d’un écran avec une vue sur une ville [Helsinki, en Finlande] de nuit. » Il entamera chaque numéro par un monologue avant d’accueillir un invité principal qui lui donnera la réplique dans un échange « coécrit ». Il travaillera ainsi avec la même équipe d’auteurs que celle qui fut à l’œuvre dans Burger Quiz sur TMC. « On sait que ces interviews sont un peu préparées mais la préparation dépend de l’invité car chacun a sa manière d’être à l’aise », souligne-t-il. Chaque soir, un artiste livrera une prestation musicale en live sur le plateau et d’autres stars feront des apparitions plus furtives.

Parmi les personnalités conviées, sont déjà annoncées : Jean Dujardin, Monica Bellucci, Angèle, Orelsan, Etienne Daho, ainsi que Catherine Ringer, Mathieu Chedid, Laurent Lafitte ou encore Lena Situations… Toutes les générations seront donc représentées. Seul profil exclu d’emblée : les politiques. Contrairement à ses homologues américains, l’animateur refuse de parler politique dans son émission.

Chantal Lauby et Dominique Farrugia, ses anciens acolytes des Nuls seront-ils de la partie ? « On est en train de réfléchir à des bêtises mais évidemment qu’ils sont chauds bouillants », confie Alain Chabat.

« Une liberté totale » comme à Canal+ il y a trente ans

Quelques séquences enregistrées viendront rythmer le programme de manière épisodique mais l’animateur assure qu’elles ne seront pas au centre de son late show. Il espère surtout garder l’esprit d’un « spectacle en public » avec « plus ou moins d’impro selon les invités ».

L’émission ne sera pas retransmise en direct car le studio qui accueille le décor n’était pas disponible fin novembre. « Cela permet de tenter des trucs, de temps en temps ça passe et de temps en temps, on rate… Les invités peuvent être plus détendus tout en étant dans l’adrénaline d’une émission en public, qui donne la patate », affirme Alain Chabat. Il précise que le travail de postproduction consistera davantage à du « dégraissage » qu’à du montage. « On enlève des petits silences, on coupe de petits temps mous… », énumère-t-il.

S’il semble à l’aise pour défendre son concept en conférence de presse, Alain Chabat admet qu’il « était tétanisé de trouille » lors des premiers enregistrements. « On m’avait dit : « Tu as dix shows d’une heure et tu peux t’amuser avec ça » », plaisante-t-il. Une sorte de carte blanche qui lui a permis de retrouver « une liberté totale » proche de celle qu’il a connue sur Canal+ à l’époque des Nuls, il y a une trentaine d’années, assure-t-il.

Les enregistrements ont débuté il y a quelques jours. Il n’est donc pas question de rebondir sur l’actualité chaude. L’animateur précise qu’il abordera toutefois « des thèmes forts dont on est certain qu’ils seront malheureusement encore dans l’actualité dans quelques semaines. » Et d’ajouter : « J’ai envie de proposer un divertissement. Cela ne veut pas dire que ce sera un divertissement creux mais je voulais créer quelque chose de rigolo à regarder. »