Ain : 30 ans de réclusion criminelle requis contre « l’inconnu de La Poste »

« 50 nuances de mensonges » : une peine de 30 ans de réclusion a été requise lundi devant la cour d’assises de l’  Ain à l’encontre de Mamadou Diallo, 32 ans. L’homme est jugé depuis lundi dernier pour le  meurtre de Catherine Burgod, postière qui travaillait à Montréal-la-Cluse et dont le corps a été retrouvé lardé de 28 coups de couteau, le 19 décembre 2008. Seulement, l’accusé n’a cessé de clamer son innocence.

« Je ne crois pas à la thèse du spectateur profiteur (…) et si on n’est pas spectateur, c’est qu’on est acteur de la scène », a déclaré l’avocat général Eric Mazaud, relevant la « constante adaptation dans le mensonge » de l’accusé. « Il ment jusqu’à l’absurde, sur son heure d’arrivée, sur sa présence sur les lieux, sur le motif de sa présence, sur la présence de sang sur lui », énumère le magistrat.

L’accusé confondu par son ADN dix ans après les faits

Confondu par son ADN dans le bureau de poste près de dix ans après le meurtre, Mamadou Diallo, qui était âgé de 19 ans l’époque des faits, assure s’être rendu sur les lieux pour acheter un billet de train mais avoir pris la fuite en s’emparant d’une liasse de billets après avoir découvert le cadavre de la victime.

La piste crapuleuse a rapidement été suivie par les enquêteurs, une somme évaluée à 2.490 euros ayant été dérobée. L’arme du crime, elle, reste introuvable. Et aucun témoignage probant, notamment pour les 29 minutes cruciales séparant le dernier SMS de la victime et la découverte de son corps, n’a permis de faire avancer l’enquête.

Les investigations se sont d’abord orientées sur la piste de Gérald Thomassin, ex-espoir du cinéma français devenu marginal, qui résidait alors en face de cette poste. L’ancien acteur est porté disparu depuis 2019, avant qu’il ne bénéficie d’un non-lieu. Mais durant les six jours de débats, la défense a tenté d’instiller à nouveau un doute autour de la piste menant à Gérald Thomassin.

La piste Thomassin de nouveau brandie par la défense

Pour l’avocat général, cette stratégie est un « épouvantail qu’on va vous brandir, ça sert à distraire les oiseaux pour les emmener ailleurs ». « La piste Thomassin ne vaut rien du tout », a-t-il ajouté.

« Ne vous en déplaise, bien sûr que je vais parler de Thomassin, je suis convaincue que c’est lui le coupable », a lancé d’une voix forte en début de plaidoirie l’avocate de la défense, Me Sylvie Noachovitch, qui alerte depuis le début du procès sur le risque « d’une erreur judiciaire » et qui a plaidé l’acquittement. « Êtes-vous prêts à mettre votre main au feu qu’il est coupable ? », a-t-elle demandé aux jurés.

Verdict attendu en fin de journée.