France

Agressions sexuelles en maternelle : ex-animateur de Loire-Atlantique condamné à six ans

L’ex-animateur périscolaire de deux écoles maternelles de Rezé (Loire-Atlantique) a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur douze enfants et condamné à six ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et trois ans de suivi socio-judiciaire à sa sortie de prison avec une injonction de soins. Frédéric S. est sous l’interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs et inscrit au fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.

Au tribunal correctionnel de Nantes,

L’ancien animateur périscolaire de deux écoles maternelles à Rezé (Loire-Atlantique) a été reconnu coupable ce jeudi d’agressions sexuelles sur douze enfants. Il a été condamné à six ans de prison ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu’à trois ans de suivi socio-judiciaire à sa sortie de prison, assorti d’une injonction de soins.

Dans une salle d’audience comble, les parties civiles ont exprimé leur émotion à l’annonce du verdict, avec des accolades discrètes, des clins d’œil et des sanglots étouffés. C’est dans ce même tribunal, un mois auparavant, que la grande majorité des parents avaient relaté l’horreur vécue par leurs enfants âgés de 3 à 5 ans. Frédéric S. est désormais interdit d’exercer toute activité en relation avec des mineurs et figurerait sur le fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles. S’il sort libre du tribunal, il sera écroué dans un délai de 30 jours et pourra être incarcéré même s’il fait appel.

« Le bon signal »

« C’est un soulagement », ont déclaré les proches des victimes à la sortie du délibéré. « Après sept ans d’attente, le temps est enfin à la reconstruction », a commenté une mère de famille, tandis qu’un autre parent a ajouté que « nous sommes marqués à vie par cette histoire ».

« Il y a beaucoup d’émotions à l’issue de ce verdict », a affirmé Me Grimaud, avocate de dix familles de victimes, qui a insisté sur l’importance de la parole des mineurs. « Pendant près de 47 heures de débat, le tribunal a examiné la parole des enfants dans leur contexte, étudié leurs interactions avec d’autres enfants, l’environnement familial dans lequel ils évoluent, ainsi que la manière dont ils ont été écoutés… ». Selon l’avocate, « ce procès aura le mérite de donner le bon signal à toutes les victimes et au système judiciaire », alors que l’audience s’est tenue au moment où la parole des victimes se libérait dans les établissements scolaires parisiens.

« Les bandits méritent la prison »

Face aux nombreux faits qui lui étaient reprochés (caresses sur le sexe, exhibition, scatophilie…), Frédéric S. s’était montré imprécis, « têtu » et agité. « L’humanité de Monsieur, je ne la conteste pas, mais j’aurais aimé la voir », avait plaidé le procureur à l’issue des deux jours d’audience. Celui qui se présente comme un « hypersensible » en manque d’affection n’avait pas remis en question la douleur des victimes, mais avait exprimé qu’il était « dans une extrême souffrance » avant tout.

Dans sa plaidoirie, Me Vallée, avocat de la mère d’une des victimes, avait cité les paroles de l’enfant de sa cliente : « les bandits méritent la prison ». Aujourd’hui âgé de 12 ans, cet enfant a finalement entendu Me Vallée employer les mots justes : « Monsieur, je pense que vous êtes un agresseur sexuel ».