Agression de Yuriy : Quatre adolescents jugés en février prochain à Paris

Le 15 janvier 2021, Yuriy, un collégien qui s’apprêtait à fêter ses 15 ans, était conduit à l’hôpital Necker dans un état grave après avoir été passé à tabac sur la dalle Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, par une dizaine de personnes. Deux ans après cette violente agression, quatre mineurs vont comparaître, devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, du 1er au 3 février prochain, apprend 20 Minutes de source judiciaire. L’un d’entre eux sera jugé pour « tentative de meurtre », deux autres pour « complicité de tentative de meurtre », et le dernier pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ».

Les quatre prévenus étant tous âgés de moins de 16 au moment des faits, le procès pourrait se tenir à huis clos. Contactée par 20 Minutes, Me Laura David, qui représente l’adolescent renvoyé pour « tentative de meurtre », n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience. Son client, qui avait 15 ans, a reconnu en garde à vue avoir porté un coup de pied au visage de Yuriy mais affirmait ne pas s’être servi du marteau qu’il avait en sa possession ce jour-là pour le frapper. Il a, par ailleurs, toujours assuré aux juges d’instruction ne pas avoir eu l’intention de tuer la victime.

Une audience abordée avec « sérénité »

« Mon client nie complètement les faits qui ne sont, en ce qui le concerne, factuellement pas établis », nous déclarait en novembre dernier Me Frédéric Landon, dont le client, qui avait 15 ans au moment des faits, est renvoyé pour « complicité de tentative de meurtre ». La justice lui reproche d’avoir averti ses copains de la présence, dans le quartier, d’autres jeunes d’une bande rivale. En revanche, l’exploitation des images des caméras de surveillance a confirmé qu’il n’a porté aucun coup à la victime bien qu’il se soit trouvé dans le quartier au moment des faits. « Mon client n’était pas sur place, soulignait Me Landon. Au pire, il a pu avertir certains des jeunes de ce qu’il connaissait de l’arrivée d’une autre bande, mais c’est tout. »

L’adolescent que défend Me Dylan Slama n’a pas frappé Yuriy. En revanche, les investigations ont démontré qu’il était présent sur les lieux de l’agression et qu’il a assisté au déferlement de violences subies par la victime sans intervenir. Il est renvoyé, lui aussi, pour complicité de tentative de meurtre. « Mon client a un rôle plus marginal, très très périphérique. Je suis content que ça arrive à son terme pour lui et qu’il puisse, je l’espère, retrouver une vie normale à la suite de cette audience qu’on aborde avec sérénité », déclare l’avocat à 20 Minutes

Un autre procès devant les assises

Le quatrième adolescent jugé par le tribunal pour enfants criminel est accusé d’avoir pris « une part active à l’organisation des violences qui allaient ensuite être commises sur la victime dans un contexte de vengeance », indiquent les juges d’instruction dans leur ordonnance de renvoi, consultée par 20 Minutes. Agé de 14 ans à l’époque des faits, il comparaîtra pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Son avocat, Me Julien Fresnault, n’a pas souhaité faire de déclaration avant l’audience.

Par ailleurs, huit autres jeunes garçons, qui étaient âgés au moment des faits de 16 ans ou plus, seront renvoyés devant la cour d’assises des mineurs. La date de l’audience n’a pas encore été fixée. 

Enfin, un autre adolescent, qui était renvoyé devant la cour d’assises pour « participation à une association de malfaiteurs », a bénéficié d’un non-lieu prononcé le 15 décembre dernier par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Le jeune homme, défendu par Mes Caroline Girard et Marianne Abgrall, avait fait le déplacement sur la dalle avec des béquilles pour se « défendre », avait-il expliqué durant l’instruction. Mais à son arrivée, les pompiers étaient déjà là. Il recevait alors un appel lui « disant que c’était fini » et qu’il devait partir. Il avait été mis hors de cause par les autres suspects.

« Un contexte de rivalité » entre bandes

Dans leur ordonnance de mise en accusation, les juges d’instruction estiment que « les faits s’inscrivent dans un contexte de rivalité entre jeunes individus, résidents du 15e arrondissement de Paris, formant la bande RD4 d’une part, et celle du plateau de Vanves d’autre part ». « Il est établi que l’agression de Yuriy […] était un acte de vengeance en réponse à l’agression subie » cinq jours plus tôt par le demi-frère et cousin de deux des mis en cause, d’après les magistrats, qui rappellent que la victime était munie d’un tournevis dans sa poche. Yuriy avait demandé à des témoins venus le secourir de l’ôter et de la cacher dans un bac à fleurs.

Contacté par 20 Minutes, l’avocat de Yuriy, Me Francis Szpiner, n’a pas répondu à nos sollicitations.