Agen : Quatre mois avec sursis requis contre une ex-élue RN pour des propos négationnistes

Illustration palais de justice. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

  • Quatre mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité ont été requis à l’encontre de cette ancienne élue RN.
  • Elle avait été exclue du parti de Marine Le Pen à la suite de ses propos, et avait démissionné de son mandat.
  • A la barre, elle a évoqué une « maladresse d’expression ».

Des peines de quatre mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité ont été requises mercredi à Agen (Lot-et-Garonne) à l’encontre d’une ex-élue du Rassemblement national (RN) qui avait tenu des propos négationnistes sur les réseaux sociaux.

Catherine Lesné, ancienne conseillère municipale dans la préfecture de Lot-et-Garonne, était jugée en correctionnelle pour contestation de l’existence de crime contre l’humanité, et provocation publique à la haine raciale par voie électronique.

Condamnation unanime des élus municipaux d’Agen

Fin septembre 2018, elle avait repris à son compte d’anciens propos de l’ancien président du Front National Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz « détail de l’Histoire » dans un message sur Facebook. « Cela commence a être lassant de toujours tirer sur les mêmes. Malheureusement les immigrés couvrent 90 % des faits divers… Tout comme les chambres à gaz ont été un détail de l’histoire car effectivement la guerre n’a pas été que ça », avait-elle écrit.

Ce message avait entraîné une condamnation unanime des élus municipaux de la ville d’Agen et son « exclusion de fait » du RN. Les mois suivants, Catherine Lesné avait présenté ses excuses, démissionné de sa fonction élective et déménagé.

Dépassée par les événements

A la barre, elle a expliqué jeudi qu’il s’agissait d’une « maladresse d’expression ». « Je nie nullement l’existence des chambres à gaz », a-t-elle murmuré, visiblement dépassée par les événements. « C’est parce qu’on ramène toujours M. Jean-Marie Le Pen a ces faits et c’est assez réducteur. Ça a été un coup de sang que j’ai eu et que j’aurais mieux fait de garder pour moi. »

La procureure de la République a estimé qu’il ne fallait pas « banaliser ces propos ». Catherine Lesné « est un danger public, pas sa personne mais ses propos ». « Ils véhiculent la haine et des atrocités », a-t-elle ajouté, rappelant que « 2,7 millions de personnes ont été assassinées dans les chambres à gaz ».

« Un attentat verbal contre les valeurs républicaines »

La Licra et l’association La Maison des potes, parties civiles, réclament au total 40.000 de dommages et intérêts et le remboursement des frais de justice. Selon leur avocat Me Laurent Bruneau, les propos de Catherine Lesné sont « un attentat verbal contre les valeurs républicaines, contre le vivre ensemble ». « Si vous aviez été sincère, a-t-il dit à la prévenue à l’audience, vous vous seriez excusée tout de suite. Deux mois après, le mal était fait ».

La décision a été mise en délibéré au 9 octobre.

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