Afghanistan : Face à l’avancée des talibans, la France a suspendu les expulsions de migrants depuis juillet

Même si sa demande d’asile est refusée, un migrant afghan ne peut actuellement plus être expulsé du territoire français. « Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire en Afghanistan, la France a suspendu les éloignements vers ce pays depuis le début du mois de juillet », a assuré jeudi le ministère de l’Intérieur. L’annonce intervient alors que les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, contrôlant désormais dix des 34 capitales provinciales afghanes.

La veille, l’Allemagne et les Pays-Bas ont également annoncé la suspension des expulsions de migrants afghans vers leur pays d’origine en raison des combats sur place entre le mouvement fondamentaliste islamiste et les forces progouvernementales. « Nous suivons l’évolution de la situation de près, en lien avec nos partenaires européens », a ajouté le ministère.

Premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France

Les Afghans constituaient en 2020 10,6 % des demandeurs d’asile dans l’UE (un peu plus de 44.000 sur quelque 416.600 demandes), le deuxième contingent derrière les Syriens (15,2 %), selon l’agence statistique de l’UE Eurostat. Cette même année en France, l’Afghanistan était le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France, avec 8.886 demandes.

Le 11 juillet, l’Afghanistan avait appelé les pays européens à cesser durant les trois prochains mois d’expulser des migrants afghans, en raison de l’intensification des combats dans le pays. La Suède et la Finlande avaient suspendu les renvois en Afghanistan à la suite de cet appel. Les Pays-Bas et l’Allemagne qui, aux côtés de l’Autriche, la Belgique, le Danemark et la Grèce avaient demandé à Bruxelles de pouvoir poursuivre les expulsions, ont finalement fait volte-face mercredi en annonçant les suspendre à leur tour.

Selon un responsable européen, depuis le début de l’année 2021, 1.200 personnes ont été renvoyées de l’UE en Afghanistan, dont 1.000 qualifiées de « volontaires » au départ, les 200 autres ayant été « forcées » à partir.