Affaire Zineb Redouane: Face aux accusations et aux menaces, le procureur adjoint André Ribes se défend dans une lettre

Des manifestants brandissent une banderole en mémoire à Zineb Redouane, touchée par une grenade lacrymogène en décembre à Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes

  • Une octogénaire, Zineb Redouane, est décédée à la suite d’un tir de grenade lacrymogène lors d’une manifestation à Marseille le 1er décembre dernier.
  • Le procureur adjoint André Ribes était aux côtés des CRS lors de la manifestation, mais sa présence n’a pas été révélée par le procureur de la République Xavier Tarabeux.
  • Depuis, le procureur adjoint est vivement critiqué et reçoit des menaces, il se défend dans une lettre.

Son nom revient souvent dans le dossier, mais il ne s’était jusqu’alors jamais exprimé. Le 1er décembre dernier, André Ribes, procureur adjoint à Marseille, était présent aux côtés des CRS sur instruction hiérarchique. Ce soir-là, Zineb Redouane, une octogénaire, est touchée par une grenade lacrymogène alors qu’elle vient fermer ses volets pour se protéger des gaz. Elle décédera le lendemain sur la table d’opération.

Ce n’est que lors de l’audition des cinq CRS du pool cougar que ceux-ci font état de la présence d’André Ribes à leurs côtés. Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Marseille n’a, jusqu’alors pas prévenu son chef, le procureur général Robert Gelli, de cette présence. C’est même André Ribes qui sera chargé du début de l’enquête.

« Sans lui le dossier n’avancerait pas aussi rapidement »

Face à ces manquements, et face au silence de Xavier Tarabeux, beaucoup de critiques ont fusé à l’égard d’André Ribes. Allant même jusqu’à des menaces sur les réseaux sociaux. Pourtant, le procureur adjoint est vu comme quelqu’un de droit, comme le confiait à 20 Minutes Brice Grazzini, l’avocat de l’un des fils de Zineb Redouane : « Il a directement saisi l’IGPN pour des cas de violences policières à l’encontre d’une manifestante, et sans lui le dossier n’avancerait pas aussi rapidement. »

André Ribes a décidé de s’exprimer pour la première fois dans une lettre qu’a pu consulter La Provence. Il y explique vouloir « éclaircir plusieurs points afin d’essayer d’endiguer un déferlement médiatique empreint de contre-vérités et d’inexactitudes [lui] valant des menaces de mort sur les réseaux sociaux », avant de s’expliquer.

« Ma présence sur la voie publique sous le brassard parquet était convenue avec mon chef hiérarchique direct. Dès l’annonce du décès de Madame Zineb Redouane, je l’ai indiqué à mon supérieur hiérarchique et j’ai immédiatement saisi pour enquête l’IGPN. Cette enquête est restée sous la direction du parquet environ 48 heures et aucun élément objectif ne vient démontrer un manque d’impartialité », écrit-il. La cour de cassation doit désormais étudier une demande de dépaysement de l’affaire, résultant justement de la présence, cachée dans un premier temps, d’André Ribes aux côtés des policiers.

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