Affaire Vincent Lambert: Les parents veulent changer leur fils d’établissement

La mère de Vincent Lambert devant les médias. — Gutner/SIPA

Les traitements pour maintenir en vie Vincent Lambert, en état végétatif depuis dix ans, ont repris mardi, conformément à la décision surprise de la cour d’appel de Paris, les parents demandant une nouvelle fois le transfert de leur fils dans un établissement spécialisé. Le tribunal a demandé de se conformer au CDPH, comité de l’ONU, qui avait demandé à la France de surseoir à l’arrêt des traitements dans l’attente d’un examen du dossier sur le fond, mais la France avait considéré que cette préconisation était « dépourvue de caractère contraignant ».

« Le combat, à partir d’aujourd’hui, c’est le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera pris en charge de manière bienveillante par des spécialistes et non plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis », a déclaré l’autre avocat des parents, Me Jérôme Triomphe, reprenant une position maintes fois affirmée. « Nous attendons le transfert de Vincent avec impatience. En France, des établissements sont prêts à l’accueillir », a assuré Anne, petite sœur de Vincent, reconnaissant toutefois : « La justice et la tutelle peuvent encore bloquer. »

Une famille coupée en deux

Ce énième coup de théâtre dans une affaire qui a connu de multiples rebondissements judiciaires depuis 2013, symbole du débat en France sur la fin de vie, a été fêté par la mère de Vincent Lambert, Viviane, y voyant « une très grande victoire ». Tandis que son neveu François, favorable à l’arrêt des traitements, a dénoncé du « sadisme pur ».

L’interruption des traitements, couplée à une « sédation profonde et continue », avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale en avril 2018, soutenue par une partie de la famille dont son épouse et tutrice Rachel Lambert et validée par le Conseil d’État fin avril. Jusqu’alors, tous les recours déposés par les avocats des parents avaient échoué. La famille est coupée en deux camps, d’un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l’arrêt des traitements qui considèrent leur fils comme lourdement handicapé, de l’autre autour de son épouse Rachel et son neveu François, entendant mettre fin à cet « acharnement thérapeutique ».

En état végétatif depuis un accident de la route en 2008, l’ex-infirmier psychiatrique âgé de 42 ans n’a pas laissé de directive anticipée écrite. Selon les avocats des parents, la décision de la cour d’appel est « provisoire » d’une « durée de six mois, permettant au comité de l’ONU d’étudier le dossier ». Fort de cet arrêt, ils se sont désisté de l’audience du Conseil d’État prévue jeudi, saisi en urgence.

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