Affaire Vincent Lambert : Les avocats des parents ont saisi le Défenseur des droits

Jacques Toubon, Défenseur des droits, a été saisi par les avocats des parents de Vincent Lambert. — Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Les avocats des parents de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, ont annoncé à l’AFP avoir saisi lundi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, après l’annonce à la famille de l’interruption des soins à partir du 20 mai.

Les avocats, Me Jean Paillot et Me Jérôme Triomphe, attendent qu’il intervienne pour faire appliquer les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH), enjoignant la France de suspendre toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert avant une instruction sur le fond.

Faire cesser un « acharnement thérapeutique »

Le 11 mai dernier, le médecin traitant de Vincent Lambert avait annoncé à la famille l’interruption des traitements de cet homme tétraplégique en état végétatif depuis dix ans. « Je vous informe que l’arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai », a annoncé le soignant aux proches du jeune homme.

Quelques semaines plus tôt, le Conseil d’État avait conclu qu’étaient « réunies les différentes conditions pour que la décision d’arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert puisse être mise en œuvre », a écrit le Dr Sanchez dans un courrier adressé à la famille Lambert et dont l’AFP a obtenu copie. La plus haute juridiction administrative a jugé conforme à la loi la décision collégiale d’arrêt des soins, prise le 9 avril 2018 par le CHU de Reims pour faire cesser un « acharnement thérapeutique », mais contestée par une partie de la famille. En 2014, elle s’était déjà prononcée pour la fin du traitement.

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