Affaire Théo : Deux des policiers incriminés risquent un « blâme », l’une des plus faibles sanctions de la fonction publique

Théo Luhaka, lors d’un rassemblement en 2017 à Bobigny. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Deux des trois policiers renvoyés fin novembre devant les assises pour leur implication dans la violente interpellation de Théo en 2017 à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, sont menacés d’un blâme par leur hiérarchie, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Le blâme est une sanction dite du premier groupe, l’une des plus faibles de la fonction publique. Elle figure au dossier de l’agent mais disparaît au bout de trois ans si aucune nouvelle faute n’est commise entre-temps. « Le conseil de discipline de la préfecture de police de Paris a rendu son avis hier [mercredi] », a précisé la source proche, confirmant une information du Parisien.

Les sanctions, qui n’ont pas encore été prises à l’encontre des policiers concernés, doivent désormais être transmises à la direction générale de la police nationale (DGPN) qui décidera de les valider ou non. « Le préfet de police Didier Lallement juge la proposition de blâme un peu basse », a confié la même source. Le troisième policier renvoyé aux assises ne fera pas l’objet d’un conseil de discipline, selon cette dernière.

Violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente

L’un des deux fonctionnaires est celui qui a donné le coup de matraque à Théodore Luhaka, jeune homme noir de 22 ans désormais handicapé à vie après avoir été blessé au niveau de la zone rectale. Il sera jugé pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Les deux autres sont renvoyés pour violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes. Un quatrième policier impliqué dans cette interpellation violente avait bénéficié d’un non-lieu à l’issue de l’instruction.

Fin novembre, la Défenseure des Droits Claire Hédon avait publié un rapport accablant sur cette interpellation, dans lequel elle réclamait des sanctions administratives à l’encontre des quatre agents de la Brigade de sûreté de terrain (BST). Une fois « maîtrisé, assis au sol, menotté dans le dos et grièvement blessé, aucun cadre légal ne pouvait justifier l’exercice de la force à son égard », avait écrit Claire Hédon, en rappelant que le jeune homme a été arrêté « sans que le motif d’interpellation ait pu être clairement établi ».

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