Affaire Souleymane Diawara: «Je ne suis pas un voyou», assure le footballeur, qui «regrette» sa violence

Souleymane Diawara avec son avocate, devant le tribunal de Digne-les-Bains, le 25 avril 2019. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

  • «La violence, ça ne mène à rien. La preuve : ça nous a mené en prison.» Souleymane Diawara a exprimé des regrets après avoir extorqué un garagiste qui lui devait 50.000 euros, via cinq gros bras qu’il avait envoyé en «raid» à son domicile.
  • Le garagiste, qui dit «avoir vu la mort dans les yeux» ce soir-là, assure pourtant qu’il «aime encore» Souleymane Diawara.
  • Le procureur a requis un an de prison ferme contre l’ancien footballeur et contre son frère, pour extorsion. 

A Digne-les-Bains,

Une avocate nous avait annoncé du sang et des larmes : « Ça va être très chaud ! Ils ont failli en venir aux mains la dernière fois qu’ils se sont vus. » C’est finalement dans le calme que l’ancien footballeur​ Souleymane Diawara a été jugé, ce jeudi, à Digne-les-Bains, avec les cinq hommes qu’il a envoyé en opération commando à Reillanne il y a quatre ans.

« Souley, je l’aime encore, lâche même la victime, Adriano Bellens. Je suis dans une attitude d’apaisement, car il était dans un contexte d’alcool ce soir-là ! » « Nul ne peut se faire justice soi-même », a lancé le procureur. Il a requis trois ans de prison, dont un an ferme, contre Souleymane Diawara et son frère Adama pour extorsion. Et jusqu’à dix mois ferme pour leurs sbires. Le jugement devrait être mis en délibéré – à l’heure où nous écrivons ces lignes, l’audience n’est pas terminée.

Des chiots pour régler 50.000 euros de dette

Le 19 mars 2015, Diawara a envoyé cinq gros bras, dont son frère Adama, mettre un coup de pression à ce concessionnaire, endetté de 50.000 euros auprès du footballeur. En 2013, il lui avait vendu une voiture volée. L’histoire a traîné, l’homme a même proposé, pour éponger sa dette, d’offrir à Diawara des portées de chiots de race. Mais le footballeur a fini par s’énerver.

Un soir, cinq types montent dans un 4×4 – certains pensaient aller juste boire un coup, disent-ils. Ils débarquent chez les Bellens. Devant femme et enfants, ils s’énervent contre le vendeur de voitures. « Je m’en bats les couilles de tes enfants, je veux mon argent », hurle, selon les témoins, Souleymane Diawara. Il pilote l’équipe par téléphone.

L’ancien légionnaire « les aurait tous fumés »

« Si tu parles, on te fume », lance un des gros bras à Bellens, qui a appelé les secours. S’il avait été armé, « il les aurait tous flingués », dit-il, bravache. Pourtant, à l’arrivée des gendarmes, il se sent obligé de dire que ce sont « des amis venus lui faire une surprise. » Une surprise agressive, voire violente : l’ancien légionnaire dit avoir pris un coup sur la nuque et entendu une bordée d’insultes.

Les cinq individus repartiront avec, en gage, une BMW. « Je ne veux pas faire couler ton sang devant ta famille, donne nous les clés », aurait menacé l’un d’eux. Les proches de Bellens, justement, sont traumatisés : après le raid, sa fille demande régulièrement « si les monsieurs méchants vont revenir. » Elle dort avec les lumières allumées, s’enferme dans sa chambre, est en échec scolaire. Ce soir-là, Adriano Bellens a, dit-il, « vu la mort dans les yeux ».

« Je ne suis pas un voyou, tout ce que je sais faire, c’est jouer au foot » : Souleymane Diawara a plaidé l’erreur passagère. « Bien sûr » qu’il regrette cette soirée, a-t-il poursuivi :

« J’aurais dû faire comme tout le monde, aller porter plainte. La violence, ça ne mène à rien. La preuve : ça nous a menés en prison. Je regrette ça, avoir envoyé cinq amis en prison. J’aurais dû aller voir la police, trouver un compromis, même si ce n’était que 1.000 euros par mois. »

Une somme qu’il avait, à l’époque, refusée en guise de mensualités. Car pour le défenseur central, qui évoluait alors à Nice, 1.000 euros, « c’est le prix d’une paire de chaussures ! »

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