Affaire Polanski : Emmanuelle Seigner défend son mari et accuse ses victimes de mensonge

L’interview n’a pas manqué de faire réagir. « Révolté par cette sortie d’Emmanuelle Seigner », « le reportage de la honte », « le boulevard de l’impunité », de nombreux twittos (parmi lesquels Cécile Delarue et Hélène Devynck, qui accusent l’ancien présentateur de TFI Patrick Poivre-d’Arvor de harcèlement sexuel et de viol) ont exprimé leur indignation après le témoignage de l’actrice de 56 ans, épouse de Roman Polanski, dans l’émission Sept à Huit de TF1 dimanche. Car son soutien a été sans faille, repoussant toutes les accusations de viol et d’agression sexuelle à l’encontre de son mari.

« Moi quand j’ai connu mon mari, toutes les femmes voulaient coucher avec lui, toutes les jeunes filles voulaient coucher avec lui, c’était un truc de dingue, c’était fou quoi. Il avait 52 ans, il avait l’air d’en avoir 30, il était un grand metteur en scène, donc il attirait énormément et je pense qu’il n’avait besoin de violer personne », maintient-elle, dénonçant une présomption d’innocence « totalement bafouée ».

« C’était une époque très permissive »

Et lorsqu’on lui parle de Samantha Gailey, qui avait accusé le cinéaste de l’avoir droguée et violée en 1977 à Los Angeles alors qu’elle n’avait que 13 ans ? « C’est jeune bien sûr, mais c’était une époque très permissive », euphémise Emmanuelle Seigner. « Le rapport à l’âge a aussi beaucoup changé. À l’époque, on louait la lolita, on la célébrait. Donc moi, ayant commencé ma carrière de mannequin à 14 ans, ça n’était pas une histoire qui me choquait. »

D’autres femmes ont accusé Roman Polanski ces dernières années : une dénommée « Robin », pour une agression sexuelle en 1973 quand elle avait 16 ans ; Renate Langer, ancienne actrice qui affirme avoir été violée à l’âge de 15 ans à Gstaad en 1972 ; Marianne Barnard, 10 ans à l’époque des faits, pour une agression sexuelle en 1975 ; Valentine Monnier, qui accuse le réalisateur de l’avoir violée en 1975 quand elle avait 18 ans ; et Charlotte Lewis, « abusée sexuellement » à Paris au début des années 1980 à l’âge de 16 ans.

Autant de faits prescrits. Mais à écouter Emmanuelle Seigner, il n’y a qu’une seule victime : Roman Polanski. « C’est affreux parce qu’il ne peut pas monter un film, on conseille aux acteurs de ne pas jouer dans ses films. Moi-même, je suis blacklistée en France », déplore-t-elle. Aujourd’hui, elle décrit un homme « meurtri », un « très bon mari et très bon père », qui n’aspire qu’à ce « qu’on lui foute la paix ».