Affaire Pogba : « On s’est senti trahis », lance la mère des Pogba, qui sort son autobiographie

Depuis mercredi, l’autobiographie de Yeo Moriba, la mère des frères Pogba, est disponible en librairie. Dans Et à la fin, on gagne (Fayard), elle y raconte sa vie, des petits boulots pour élever seule ses enfants à la victoire de Paul et des Bleus lors de la Coupe du monde 2018. Elle n’a pas évoqué l’affaire familiale qui s’est invitée dans l’actualité ces derniers mois de gaîté de cœur.

« On m’a dit de la rajouter, au début je ne voulais pas, c’était difficile, et puis le livre était déjà fait. Mais cet épisode est arrivé… C’est très difficile d’en parler », soupire Yeo Moriba (52 ans), qui évoque pour l’AFP une histoire qui lui « brise le cœur ».

Dans l’épilogue rajouté, elle revient donc sur ces accusations qui ont conduit un de ses jumeaux, Mathias, en prison, pour des soupçons d’extorsion en bande organisée contre le petit frère, Paul. Selon leur mère, l’aîné est tombé dans « un piège ». « Il a été manipulé, braqué par des personnes qui étaient proches de nous. On s’est senti trahis. » « Ce sont de gros, gros requins », attisés par « la jalousie extrême », lâche-t-elle.

Mais elle avait surtout envie de parler d’autre chose dans ce livre, une idée poussée par ses fils (il y a aussi Florentin, le jumeau de Mathias), et notamment de foot. Yeo Moriba décrit « une famille liée par une même adoration, celle du ballon rond, auquel nous devons tant ». Dans une scène de l’ouvrage, écrit avec la journaliste Clémence De Blasi, elle bluffe ses garçons en leur montrant qu’elle tripote parfaitement le ballon.

Arrivée en France à 19 ans

Son histoire ressemble à celle d’autres femmes venues d’Afrique en France, comme elle à 19 ans, pour épouser le père des enfants, Antoine, prof d’électronique, la cinquantaine à l’époque. La mère des Pogba, qui a aussi adopté deux de ses nièces, voulait grâce à ce livre « passer un message : nous, les femmes, il faut nous battre, ne pas se décourager parce que tu n’as plus le mari » en soutien. Elle a divorcé du père de Florentin, Mathias et Paul, décédé en 2017.

Son récit reste « positif, il ne faut pas s’alarmer, il faut être courageux. Si tu perds le courage, tu ne peux rien faire », commente-t-elle. Yeo ne s’étend pas sur le racisme. « Il faut l’accepter, on sentait un peu de racisme, pour certains boulots, on voyait qu’on donnait la préférence aux Français de souche plutôt qu’aux immigrés », résume-t-elle. Les enfants, eux, ne l’ont pas subi, « je ne crois pas trop », se souvient-elle.

« Le clan Pogba sera toujours là »

L’apothéose reste le titre de champion du monde, en 2018, qu’elle fête sur la pelouse, trophée en main, une photo en bandeau sur le livre. « On n’a pas senti la pluie tellement le bonheur était là », résume-t-elle, une étincelle dans les yeux.

Ce grand souvenir en tête, elle veut rendre justice à ses « deux fils », insiste Yeo. « Le clan Pogba sera toujours là », conclut-elle, ferme. « Ça s’arrangera toujours, c’est la famille, ce sont des frères de lait, ils se tiendront toujours la main. »