Affaire Péchier: L’anesthésiste de Besançon bientôt placé en détention provisoire?

Frederic Pechier, à droite, et son avocat, Randall Schwerdorffer. — SEBASTIEN BOZON / AFP

L’anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir empoisonné 24 patients au cours d’interventions chirurgicales, a répondu ce mercredi à la convocation de la Cour d’appel de Besançon qui devrait dire dans la journée s’il reste en liberté sous contrôle judiciaire ou s’il est placé en détention provisoire.

« Je ne vous dirai pas qu’il est détendu, mais il fait confiance à la chambre de l’instruction », a indiqué, dans une déclaration Me Randall Schwerdorffer, son avocat, arrivé peu avant 8 heures à la cour d’appel en compagnie de son client pour l’audience qui devait s’ouvrir à 9 heures. « On espère qu’elle sera publique car nos concitoyens comprendraient mieux pourquoi le Dr Péchier est laissé libre », a poursuivi Me Schwerdorffer, évoquant « la complexité de cette affaire et l’absence de charges sérieuses qui pèsent contre lui. » L’avocat a taxé de « ridicules » les accusations de violation du contrôle formulées par la partie civile.

Dans l’œil de la justice depuis 2017

A l’issue des débats, les magistrats de la chambre de l’instruction se retireront avant de rendre leur décision – leur pratique habituelle –, à moins qu’ils ne décident de mettre leur arrêt en délibéré devant la complexité exceptionnelle de ce dossier. Autrefois praticien réputé, Frédéric Péchier avait été mis en examen une première fois en 2017 pour sept cas d’empoisonnements, dont deux mortels.

Laissé en liberté sous contrôle judiciaire à l’issue de cette première mise en examen, il l’a également été après la seconde, à la mi-mai, pour 17 dix-sept autres cas, dont sept mortels. Dès 2017, le Dr Péchier s’était vu interdire d’exercer sa profession. Ce contrôle judiciaire a été renforcé à la mi-mai avec une obligation d’éloignement de Besançon et de ses environs. Il réside depuis chez ses parents, non loin de Poitiers, là où il a commencé ses études de médecine et où son père exerce lui-même comme anesthésiste.

24 victimes présumées

Le parquet avait immédiatement interjeté appel de la décision de la juge des libertés et de la détention (JLD) prise à la mi-mai, estimant que l’anesthésiste devrait être désormais placé en détention provisoire le temps de l’instruction de cette affaire qui devrait se prolonger encore des mois, voire davantage. Sans se prononcer sur la culpabilité du médecin, les juges de la chambre de l’instruction devront dire si son maintien en liberté est susceptible de créer un trouble à l’ordre public, d’entraver l’enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées.

L’anesthésiste est soupçonné d’avoir pollué, entre 2008 et 2017, des poches de perfusion de 24 patients, âgés de 4 à 80 ans, non pour les tuer, mais plutôt, selon les enquêteurs, pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues d’une clinique de Besançon avec lesquels il était en conflit. Parmi ses victimes présumées, certaines, restées plusieurs jours dans le coma après avoir subi des arrêts cardiaques à l’occasion d’opérations qui ne présentaient pas de difficultés particulières, en portent encore les séquelles.

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