Affaire Maëlys : Vif échange entre la défense de Lelandais et un ex-procureur au procès

Le ton monte d’un cran. Le dixième jour du procès de Nordahl Lelandais a donné lieu ce vendredi à une passe d’armes tendue entre l’avocat de l’accusé et l’ancien procureur chargé de l’enquête à l’époque de la disparition de la petite Maëlys.

Jean-Yves Coquillat est procureur de la République à Grenoble lorsque Maëlys De Araujo, huit ans, disparaît lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017. Il sera amené très rapidement à soupçonner Nordahl Lelandais qui, à l’époque, nie catégoriquement.

L’ancien procureur, aujourd’hui retraité et d’une « parole entièrement libre », a vivement critiqué le « système de défense » de l’ancien militaire.

Selon lui, « la stratégie est claire, nier l’enlèvement pour éviter une qualification de meurtre précédé d’enlèvement » et ensuite « nier le meurtre et, quand les preuves sont là, dire que le meurtre était involontaire ».

« Ce sont d’excellents joueurs de poker, ils attendent de voir le jeu de l’autre, ils bluffent », a-t-il poursuivi, estimant que l’accusé est quelqu’un « d’extrêmement dangereux ».

Le procureur brusquement interrompu

Cet exposé a été brutalement interrompu par l’avocat de la défense, Alain Jakubowicz qui a déclaré n’avoir « jamais vu une attaque aussi directe » contre la défense et exigé une interruption de séance et la présence du bâtonnier.

« Clairement, M. Coquillat est venu pour régler ses comptes. Vous ne pouvez pas tolérer cette situation, Madame la présidente. C’est un procès contre le principe même de la défense. C’est un réquisitoire avant l’heure ! », a tonné la robe noire.

La présidente Valérie Blain a répliqué que le témoin était « acquis au débat » et ordonné la poursuite de l’audience. Coquillat a fait valoir qu’il avait été appelé à témoigner à la demande de la famille de la fillette et s’en « serait bien passé ».

Pendant cet échange, l’accusé est resté assis calmement dans son box.