Affaire Le Scouarnec : l’ex-chirurgien reconnaît l’intégralité des faits sur les 299 victimes

Le procès de Joël Le Scouarnec connaît un tournant majeur. Pour la première fois depuis le début des audiences en février dernier, l’ex-chirurgien a admis l’intégralité des faits qui lui sont reprochés, soit quelque 299 viols et agressions sexuelles sur des patients, en majorité mineurs au moment des faits.
Jusqu’à présent, l’accusé reconnaissait les faits un par un, au fil des témoignages et des débats autour des carnets où il consignait ses actes. Mais ce jeudi, interrogé par son avocat Me Maxime Tessier, il a explicitement reconnu que toutes les personnes mentionnées dans ces carnets étaient bien des victimes et que les 299 infractions poursuivies étaient bien des crimes.
« Un devoir de vérité »
Cette reconnaissance a été immédiatement saluée par les avocats des parties civiles. « La reconnaissance est une étape cruciale pour permettre aux victimes d’avancer », a souligné Me Frédérique Giffard, représentant une quinzaine de victimes à Vannes (Morbihan).
Selon elle, cette prise de conscience a été « intelligemment accompagnée par sa défense » et résulte de l’impact des témoignages accablants entendus depuis le début du procès. « Je pense qu’il a fini par comprendre, en écoutant les parties civiles défiler à la barre depuis dix jours, qu’il n’allait pas décemment pouvoir tenir sa posture qui consistait à encore contester les faits dans certains cas », a dit Me Giffard à l’AFP. « Je suis dans un devoir de vérité », a déclaré Joël Le Scouarnec à la cour pour justifier son changement de position.
Une peine maximale de 20 ans encourue
Âgé de 74 ans, Joël Le Scouarnec a déjà été condamné en 2020 à 15 ans de réclusion pour violences sexuelles sur quatre enfants. Cette fois, il risque jusqu’à vingt ans de prison pour des viols et agressions sexuelles avec circonstances aggravantes.
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Les audiences se poursuivent à la cour criminelle du Morbihan, avec l’audition prochaine des dernières victimes, qui pourront témoigner en sachant que l’accusé ne conteste plus les faits. Une avancée majeure pour la justice et la reconnaissance des souffrances subies par ces centaines de victimes.