Affaire Hassan Iquioussen : L’imam placé dans un centre fermé en Belgique avant son expulsion

Quelle sera la prochaine étape pour Hassan Iquioussen ? L’imam marocain, exilé cet été en Belgique pour se soustraire à un arrêté d’expulsion en France avant d’être arrêté dans la région de Mons, le 30 septembre, est toujours au cœur d’un imbroglio politico-juridique. « L’homme a perdu son droit de séjour en France et devait retourner dans son pays d’origine, le Maroc. Il a donc été placé dans un centre de retour fermé en vue de son éloignement du territoire », a indiqué la secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la migration, Nicole de Moor, dans un communiqué.

« Il ne donne aucun signe qu’il souhaite retourner volontairement. Les autorités françaises réclament toujours le retour de la personne afin de pouvoir l’envoyer au Maroc », a ajouté cette responsable chrétienne-démocrate flamande, précisant que Hassan Iquioussen n’a « pas l’autorisation de séjourner sur le territoire belge ». « Nous restons en contact avec la France pour permettre son éloignement », a-t-elle souligné. Mais mardi, la justice belge a une seconde fois refusé de remettre l’imam à la France en vertu d’un mandat d’arrêt européen (MAE).

Pas d’extradition vers la France ?

La cour d’appel de Mons a confirmé la décision rendue en première instance, le 21 octobre, par le tribunal de Tournai. Les avocats de l’imam arguaient que l’infraction reprochée par la France (« soustraction à l’exécution d’une mesure d’éloignement ») n’existe pas en droit belge, ce qui est une condition pour qu’un MAE puisse être exécuté. Nicole de Moor fait valoir que la justice belge a aussi décidé, mardi, que l’imam Iquioussen « ne peut plus être placée en détention provisoire dans l’attente de son extradition vers la France ». « En conséquence, cette personne n’a plus à porter de bracelet électronique », ajoute la secrétaire d’Etat.

Fin juillet, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion de ce prédicateur de 58 ans, fiché S (pour sûreté de l’Etat) par les services de renseignement. L’arrêté signé de la main du ministre lui reproche « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ».