France

Affaire Epstein : Perquisitions à l’Institut du Monde Arabe, Jack Lang « serein »

Le Parquet national financier (PNF) annonce, ce lundi midi, que plusieurs perquisitions sont en cours dans plusieurs lieux, notamment à l’Institut du monde arabe (IMA), situé dans le 5e arrondissement de Paris. Les perquisitions de ce lundi matin sont réalisées dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 6 février 2026 pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et Caroline Lang, sa fille.


Le Parquet national financier (PNF) a annoncé, ce lundi midi, que plusieurs perquisitions sont en cours dans différents lieux, notamment à l’Institut du monde arabe (IMA), situé dans le 5e arrondissement de Paris, en raison de liens financiers présumés entre l’ex-figure de la gauche française et le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

Jack Lang, qui dirigeait l’IMA depuis 2013, a démissionné le 7 février dernier, suite au scandale lié à ses anciens échanges avec Jeffrey Epstein, décédé en 2019. Pendant les perquisitions, Jack Lang faisait ses adieux à l’Institut du monde arabe. « Je me réjouis que la justice financière se mette en branle », a déclaré l’ancien ministre Lang lors de son discours, sans mentionner explicitement les perquisitions, selon un journaliste de l’AFP présent à la cérémonie. « Je suis totalement serein, confiant », a également déclaré à l’AFP l’ex-ministre de 86 ans, affirmant n’avoir « rien à cacher ».

Le domicile parisien de Jack Lang a aussi été perquisitionné, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Les perquisitions de ce lundi matin s’inscrivent dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 6 février 2026 pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang, précise Pascal Prache, le procureur de la République financier. Cette enquête fait suite à la publication par le ministère américain de la Justice de près de trois millions de documents liés aux procédures concernant Jeffrey Epstein et aux révélations de presse en France, selon ce communiqué. Les investigations sont confiées à l’Office national antifraude (ONAF). Bien qu’aucune charge ne pèse pour l’instant contre Jack Lang, les documents publiés par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein et démontrent des liens d’intérêt avec le financier.

Selon une enquête publiée le 2 février par Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore aux îles Vierges américaines. Suite à ces révélations, elle a démissionné de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI). Elle avait alors qualifié Epstein de « connaissance » et de « mécène généreux », indiquant que son projet de constituer un fonds « parfaitement légal » pour favoriser l’acquisition d’œuvres lui avait semblé « pertinent ». Elle avait également affirmé n’avoir perçu « aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds ».

Ancien membre du Parti socialiste français, l’ancien ministre de la Culture a déclaré que les accusations portées à son encontre étaient « infondées » dans un communiqué transmis à l’AFP.

Les ramifications de l’affaire Epstein continuent d’impacter le système judiciaire en France. Le parquet de Paris a annoncé ce week-end avoir désigné des magistrats référents pour examiner d’éventuelles infractions impliquant des Français et pour réanalyser entièrement le dossier concernant l’ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, décédé en détention en 2022. Le parquet a précisé que les faits potentiels pouvaient être « de diverses natures, notamment à caractère sexuel ou financier » et qu’il travaillait « en coordination avec le PNF et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire ».

Trois nouvelles affaires, rapportées par la presse, ont été confiées au parquet : elles concernent un diplomate, Fabrice Aidan, un recruteur de mannequins, Daniel Siad, et le chef d’orchestre Frédéric Chaslin. Pour Fabrice Aidan, une enquête vise à éventuellement « étayer » un signalement adressé par le ministère des Affaires étrangères, suite aux révélations de Mediapart et Radio France, selon lesquelles ce diplomate aurait fourni à Jeffrey Epstein « des informations diplomatiques, des services ou ses réseaux à l’international ».

Le parquet examine également la plainte d’une Suédoise contre Daniel Siad, qu’elle accuse de viol en France dans les années 1990. Sur les réseaux sociaux, Siad affirme n’avoir rien à se « reprocher ». Par ailleurs, une autre plainte concerne le chef d’orchestre Frédéric Chaslin pour « des faits de harcèlement sexuel qui auraient été commis en 2016 », lui dénonçant des « insinuations ». Le parquet va également procéder à « une réanalyse intégrale » du dossier Brunel, un proche de Jeffrey Epstein, classé sans suite après sa mort.

D’autre part, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, reçoit lundi trois « candidats présélectionnés » pour diriger l’Institut du monde arabe (IMA), a appris l’AFP auprès de l’entourage du ministre et de sources informées du dossier.