Affaire Epstein : Jack Lang ne démissionne pas de l’Institut du monde arabe
Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) après plus de dix ans à ce poste, en raison d’une enquête du Parquet national financier sur ses liens supposés avec Jeffrey Epstein. L’Elysée a « pris acte de la démission » de Jack Lang, et le ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué qu’un conseil d’administration serait convoqué sous sept jours pour désigner un président par intérim.
Les conditions n’étaient plus réunies pour poursuivre son mandat. Après plus de dix ans à la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’institution, qu’il occupait depuis 2013, suite à l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier (PNF) concernant ses liens supposés avec Jeffrey Epstein, homme d’affaires, trafiquant sexuel, violeur en série et pédocriminel américain. Cette annonce a été rendue publique samedi soir par un communiqué de l’institution.
« Le climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés, est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution », déclare l’ancien ministre de la Culture dans sa lettre de démission, consultée par l’AFP.
« Afin de préserver l’Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m’assaillent, je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire, qui pourra également choisir mon successeur afin d’éviter toute rupture de continuité. »
Le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, dont le ministère supervise l’IMA, a déclaré samedi qu’il « prenait acte » de l’offre de démission de Jack Lang. L’Elysée a également « pris acte de la démission » de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe.
« Je lance la procédure pour désigner son ou sa successeur à la tête de l’IMA et je convoque un conseil d’administration sous 7 jours qui désignera un ou une président(e) par intérim », a précisé le ministre des Affaires Étrangères, Jean-Noël Barrot, de retour à Paris après une tournée internationale.
Jack Lang se trouvait sous les projecteurs après la publication, fin janvier, de nouveaux documents sur Jeffrey Epstein, révélant des liens entre les deux hommes. « Les accusations portées à mon encontre sont infondées », a affirmé Jack Lang plus tôt samedi dans un communiqué transmis à l’AFP.
Mercredi, il avait écarté toute hypothèse de démission, parlant de sa « naïveté » suite aux révélations sur ses précédentes relations avec Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019. Après avoir déclaré lundi qu’il « assumait pleinement (ses) liens » avec Epstein, l’ancien responsable politique a précisé qu’il n’avait pas connaissance de son passé criminel lors de leur rencontre, qui a eu lieu il y a « une quinzaine d’années » par l’intermédiaire du réalisateur Woody Allen.
À ce stade, aucune charge n’est retenue contre l’ancien ministre, mais son nom a été mentionné 673 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, ce qui a entaché sa réputation, ainsi que celle de sa fille Caroline.
Cette dernière a quitté lundi la direction d’un syndicat de producteurs de cinéma suite à des révélations concernant une société « offshore » créée en 2016 avec l’homme d’affaires américain. C’est à partir de ces faits que le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » impliquant Jack Lang et sa fille Caroline.
Dans sa lettre de démission, l’ancien ministre de la Culture s’est « réjoui » « que la justice se saisisse de ce dossier. » « Comme professeur de droit, j’ai le plus grand respect pour les juridictions, auxquelles j’apporterai toute ma contribution, » a-t-il ajouté. « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai, par-delà le bruit et la fureur des tribunaux médiatique et numérique. »

