Affaire Epstein : Informations sur le « Zorro Ranch », propriété secrète ?
Mardi 17 février, des élus du Nouveau-Mexique ont lancé une nouvelle enquête sur le « Zorro Ranch », une vaste propriété de Jeffrey Epstein située près de Santa Fe. La commission doit désormais recueillir les témoignages des survivantes et remettre un rapport intermédiaire avant le 31 juillet 2026 afin de déterminer les responsabilités et d’évaluer d’éventuelles suites judiciaires.
C’est un nouveau chapitre de l’affaire Epstein qui s’ouvre. Le mardi 17 février, des élus du Nouveau-Mexique ont initié une enquête sur le « Zorro Ranch », une vaste propriété de Jeffrey Epstein située près de Santa Fe. Selon des médias américains, dont le magazine Time, ce domaine d’environ 3 000 hectares est au centre de nombreuses accusations de trafic sexuel et d’abus impliquant le financier. La commission parlementaire bipartisane constituée pour l’occasion dispose d’un budget de 2,5 millions de dollars et a le pouvoir de convoquer des témoins et de recueillir des témoignages sous serment.
Jeffrey Epstein avait acquis le ranch en 1993 à Bruce King, un ancien gouverneur du Nouveau-Mexique. Bien que ce ne soit pas sa résidence principale, la propriété figure dans plusieurs procédures judiciaires et témoignages. La représentante démocrate Melanie Stansbury a déclaré que « les crimes signalés aux autorités fédérales et étatiques n’ont jamais fait l’objet d’une enquête complète », justifiant ainsi la création de cette nouvelle commission chargée d’examiner les faits et les éventuelles défaillances institutionnelles.
Des témoignages accablants émergent contre Epstein. Plusieurs survivantes ont rapporté avoir été victimes d’abus sexuels sur place. Lors du procès de Ghislaine Maxwell, condamnée en 2021, une victime sous le pseudonyme « Jane » a affirmé avoir été transportée au ranch et contrainte de participer à des « orgies ». Selon Time Magazine, Annie Farmer a également témoigné d’agressions sexuelles sur la propriété. Virginia Giuffre, l’une des principales accusatrices de Jeffrey Epstein, maintenant décédée, avait fourni des photographies prises sur le site, précisant : « Pour illustrer mon lien avec ces lieux, j’inclus quatre photographies prises de moi au Nouveau-Mexique. J’avais environ 17 ans à l’époque. »
D’autres témoignages se trouvent dans les documents récents. L’ancien gestionnaire du ranch, Brice Gordon, a déclaré au FBI que Jeffrey Epstein conviait des invités et des « masseuses » sur la propriété tout en recrutant des thérapeutes locaux. Un courriel anonyme envoyé en 2019 mentionnait la présence de deux victimes enterrées à proximité sur « ordre de Jeffrey et Madam G », une référence présumée à Ghislaine Maxwell. Les autorités du Nouveau-Mexique ont demandé l’accès à ce message dans sa version originale afin d’examiner ces accusations. Un autre témoin anonyme a affirmé avoir conservé des vidéos montrant des relations sexuelles impliquant des mineures, qualifiées d’« assurance en cas de litige futur contre Epstein ».
Malgré ces allégations, le ranch n’a jamais été perquisitionné par les autorités fédérales, conformément aux échanges publiés dans les dossiers Epstein. En 2019, une enquête lancée par le procureur général du Nouveau-Mexique avait été suspendue à la demande des procureurs fédéraux afin d’éviter une « enquête parallèle ». La résolution adoptée mardi évoque les préoccupations des élus face à « l’absence d’enquête sur les activités criminelles présumées au Zorro Ranch » et leurs conséquences potentielles sur la confiance du public.
Depuis 2023, la propriété appartient à Donald Huffines, homme d’affaires et ancien élu républicain du Texas, qui se dit prêt à coopérer avec les autorités. Ce dernier a affirmé avoir toujours maintenu une communication ouverte avec les autorités locales, précisant qu’aucune agence n’avait jamais demandé d’accès et qu’il avait clairement indiqué que toute demande serait immédiatement acceptée avec une coopération totale. La commission doit désormais recueillir les témoignages des survivantes et remettre un rapport intermédiaire avant le 31 juillet 2026 afin de déterminer les responsabilités et d’évaluer d’éventuelles suites judiciaires.

