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Affaire Epstein : Bill Clinton affirme, « Je n’ai rien vu et je n’ai rien fait de mal »

Bill Clinton a nié avoir eu connaissance des crimes sexuels commis par Jeffrey Epstein, affirmant n’avoir « eu aucune idée des crimes » du financier. Hillary Clinton a assuré n’avoir « rien à voir » avec Jeffrey Epstein et n’avoir « aucun souvenir de l’avoir rencontré ».

Après l’épouse, c’est au tour du mari… L’ancien président des États-Unis, Bill Clinton, a été entendu vendredi par une commission d’enquête parlementaire majoritairement républicaine, où il a nié avoir eu connaissance des crimes sexuels perpétrés par Jeffrey Epstein. Devant les élus, il a affirmé, sous serment, n’avoir « eu aucune idée des crimes » du financier, dont la mort en prison en 2019 continue d’entraîner des enquêtes et des controverses politiques aux États-Unis.

Dans une déclaration publiée sur X avant son audition à Chappaqua, dans l’État de New York, l’ancien président démocrate a établi le cadre de sa défense. « Je n’ai rien vu et je n’ai rien fait de mal », a-t-il déclaré. « D’abord, je n’avais aucune idée des crimes qu’Epstein commettait », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait « jamais été témoin » d’éléments laissant présager les faits reprochés au financier.

Au moins 27 voyages dans l’avion d’Epstein

Bill Clinton, président de 1993 à 2001, a également insisté sur le fait qu’il s’était distancié de Jeffrey Epstein bien avant la révélation publique de ses actes. « Même avec le recul, je n’ai rien vu qui m’ait jamais inquiété », a-t-il soutenu, ajoutant avoir rompu toute relation avec lui avant son plaidoyer de culpabilité en 2008 pour prostitution de mineure, ce qui lui a valu une peine de dix-huit mois de prison.

Interrogé sur ses nombreux déplacements à bord du jet privé d’Epstein, mentionnés par le président républicain de la commission, James Comer, qui a affirmé qu’il aurait voyagé « au moins 27 fois », l’ancien président a réaffirmé qu’aucun élément ne l’avait alerté à l’époque. « Je sais ce que j’ai vu et, plus important encore, ce que je n’ai pas vu. Je sais ce que j’ai fait et, plus important encore, ce que je n’ai pas fait », a-t-il déclaré, rappelant être « lié par [son] serment à ne pas spéculer ».

Hillary « n’avait rien à voir avec Jeffrey Epstein. Rien »

Cette audition a clairement mis en avant les tensions partisanes. Les élus démocrates ont dénoncé une enquête biaisée et appelé à entendre Donald Trump à son tour. « Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président », a déclaré le démocrate Suhas Subramanyam. Selon lui, « C’est le président Trump qui bloque notre enquête. C’est le président Trump qui veut étouffer cette affaire ». Interrogé avant un déplacement au Texas, Donald Trump a exprimé son appréciation pour Bill Clinton et a déclaré qu’il « n’aimait pas le voir interrogé sous serment ».

La veille, Hillary Clinton avait été entendue par la même commission. Elle a déclaré n’avoir « rien à voir » avec Jeffrey Epstein et n’avoir « aucun souvenir de l’avoir rencontré ». Au cours de son intervention, Bill Clinton a critiqué sa convocation : « Vous avez fait venir Hillary. Elle n’avait rien à voir avec Jeffrey Epstein. Rien », a-t-il estimé, affirmant que son inclusion dans la procédure « n’était tout simplement pas juste ».

Des mois de bras de fer avec les Clinton

Les démocrates justifient leur demande d’audition de Donald Trump par des révélations récentes de presse concernant des documents que le ministère de la Justice aurait tenté d’empêcher de publier. Ces documents relateraient les accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement, alors qu’elle était mineure, par Jeffrey Epstein et par Donald Trump. « Ce sont des documents qui accusent le président des États-Unis de faits très graves de violence sexuelle », a insisté l’élu californien Robert Garcia.

Notre dossier sur l’affaire Epstein

L’audition des époux Clinton met fin à plusieurs mois de tensions avec James Comer. Initialement convoqués en octobre, ils avaient refusé de comparaître avant d’accepter fin janvier, sous la menace de poursuites pour entrave au Congrès. Tous deux avaient demandé, sans succès, que les échanges soient publics. Bien que la séance ne le fût pas, son enregistrement devra être rendu public à la fin.