Affaire Elodie Kulik : Son pourvoi en cassation rejeté, Willy Bardon va former un recours devant la CEDH

Il ne lui reste que la Cour européenne des droits de l’Homme. La Cour de cassation a rejeté mercredi le pourvoi de Willy Bardon, confirmant ainsi sa condamnation en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, la séquestration, le viol et le meurtre d’Elodie Kulik en 2002, qu’il a toujours niés. Dans cette affaire vieille de 20 ans, la défense avait saisi la plus haute juridiction française, estimant que le droit n’avait pas correctement été appliqué lors du procès en appel à Douai, en juillet 2021.

Les avocats de Willy Bardon soulevaient notamment un « flou » dans les motivations écrites de la cour. Pour eux, la cour n’expliquait pas suffisamment en quoi les scènes de l’enlèvement, du viol et du meurtre formaient selon elle un « tout indissociable ». Dans son arrêt consulté par l’AFP, la Cour de cassation juge au contraire que la cour d’assises « a justifié sa décision sans encourir le grief allégué ». « La procédure est régulière et la peine a été légalement appliquée », tranche-t-elle.

Les avocats de Willy Bardon ont immédiatement annoncé à l’AFP leur intention de former un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Willy Bardon, un ancien plombier et tenancier de bar aujourd’hui âgé de 48 ans, a toujours clamé son innocence. En première instance en décembre 2019, la cour d’assises de la Somme l’avait condamné à trente ans de réclusion pour enlèvement et séquestration suivis de mort, et viol. Il avait tenté de se suicider à l’énoncé du verdict, avalant un puissant pesticide dans la salle d’audience, et avait passé plus de deux jours dans le coma. Un an et demi plus tard, la cour d’appel du Nord l’a jugé coupable également de meurtre, le condamnant à la même peine.

Elodie Kulik, banquière de 24 ans, avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident inexpliqué sur une départementale de la Somme. Elle avait été violée, tuée et brûlée. Avant de mourir, elle avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, où ses hurlements se mêlent à deux voix d’hommes. L’enquête avait patiné dix ans, jusqu’à l’identification d’un suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle technique d’analyse ADN. Mais l’homme était décédé entre-temps. Fouillant son cercle proche, la justice avait mis en cause Willy Bardon, reconnu par plusieurs témoins sur l’enregistrement. Mais ni son ADN, ni aucune autre « preuve scientifique » formelle de sa présence n’ont été retrouvés sur la scène de crime.