Affaire du «lanceur d’alerte»: Trump aurait demandé au président ukrainien d’enquêter sur le fils de Biden

Joe Biden (76 ans) face à Donald Trump (73 ans). — SIPANY/SIPA – JAE HONG/SIPA

Le ton monte entre Joe Biden et Donald Trump. Le favori démocrate pour la présidentielle américaine a exigé vendredi que le président américain rende publique la retranscription d’un appel téléphonique au cours duquel le président américain est suspecté d’avoir demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur Hunter Biden, qui a fait du lobbying en Ukraine par le passé.

Le locataire de la Maison Blanche a de son côté vigoureusement contesté ces accusations, initialement émises par un lanceur d’alerte membre des services de renseignement américains. « Si ces accusations sont vraies, alors la volonté du président Trump d’abuser de son pouvoir et d’humilier notre pays n’a pas de limites », a affirmé dans un communiqué Joe Biden. Qualifiant les faits présumés de « corruption patente », il a exigé « au minimum » que Donald Trump « publie immédiatement la retranscription de l’appel en question, afin que le peuple américain puisse juger par lui-même ».

Demande formulée à « huit reprises »

Le dossier, potentiellement explosif, reste encore entouré de nombreuses zones d’ombre. Les élus du Congrès s’interrogent sur un échange téléphonique en juillet entre le président américain avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon le Wall Street Journal, Trump a, lors de cet appel, encouragé « à environ huit reprises » Zelensky à enquêter sur le fils de Joe Biden et à collaborer pour ce faire avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Deuxième fils de l’ancien sénateur, Hunter Biden a siégé au conseil d’administration d’un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, lorsque son père était vice-président de Barack Obama et jouait un rôle important dans la politique américaine en Ukraine, une source de potentiel conflit d’intérêts que la famille Biden a toujours véhément démenti.

« Ridicule », selon Trump

« C’est ridicule ! C’est un lanceur d’alerte partial », a lancé M. Trump depuis le Bureau ovale, tout en assurant ne pas connaître son identité. « J’ai eu des conversations avec de nombreux dirigeants, elles sont toujours irréprochables », a-t-il poursuivi, très remonté. A-t-il spécifiquement parlé de Joe Biden avec le président ukrainien ? « Ce dont j’ai parlé n’a pas d’importance », a-t-il rétorqué, avant cependant d’ajouter que « quelqu’un devrait se pencher sur Joe Biden », qui pourrait être son grand rival à la présidentielle 2020.

Les déclarations de Donald Trump contre le lanceur d’alerte ont indigné les chefs démocrates de quatre puissantes commissions du Congrès, qui ont dénoncé une « tentative éhontée » d’intimidation risquant « d’avoir un effet dissuasif sur de futurs lanceurs d’alerte, avec de graves conséquences pour notre démocratie et la sécurité nationale ». Ils ont appelé la Maison Blanche à livrer « immédiatement » le contenu du signalement fait par le lanceur d’alerte à la commission du Renseignement.

Trouvant particulièrement préoccupante une « promesse » faite par le locataire de la Maison Blanche à un dirigeant étranger, un lanceur d’alerte, lui-même membre des services de renseignement, avait effectué le 12 août un signalement auprès de l’inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson. Mais l’information n’a pas été transmise au Congrès dans les délais prévus, suscitant des interrogations sur d’éventuelles interventions.

0 partage