Affaire Delphine Jubillar : Pas de placement sous bracelet électronique pour le mari, qui reste en détention

Incarcéré depuis plus d’un an à la maison d’arrêt de Seysses, Cédric Jubillar, soupçonné d’avoir tué sa femme Delphine en décembre 2020, vient de voir rejeté sa nouvelle demande de remise en liberté. Une décision qui va dans le sens des réquisitions du parquet de Toulouse, qui confirme à 20 Minutes la décision du juge des libertés et de la détention (JLD).

Pour la première fois depuis la mise en examen du plaquiste de 35 ans pour « meurtre sur conjoint », son placement sous bracelet électronique avait été envisagé, le juge ayant diligenté une étude de faisabilité dans le cadre d’une assignation à résidence sous surveillance électronique.

Depuis plusieurs mois, ses avocats indiquent qu’une de ses connaissances est prête à l’héberger, hors du département du Tarn. Et plus d’une fois, ils ont demandé que cette étude de faisabilité soit faite.

Cela n’avait jamais été le cas, jusqu’à ce que le juge des libertés l’ordonne récemment. Les membres du service pénitentiaire d’insertion et de probation se sont donc rendus sur place pour savoir si le logement convenait à la mise en place de ce dispositif, mesure alternative à la détention provisoire. Et ils ont émis des réserves après leur visite dans ce petit collectif comprenant un local commercial en rez-de-chaussée et deux appartements au premier étage.

« Ils l’ont visité en présence d’un membre de la famille du propriétaire, donc ils ne peuvent pas se tromper d’appartement. Ils indiquent dans leur rapport qu’il y a des gravats dans le logement, que ce n’est pas habitable et disent qu’ils sont très réservés quant à la pérennité du projet. Or c’est le deuxième appartement dont ils parlent. Nous avons versé des photos et c’est parfaitement habitable », affirme Jean-Baptiste Alary, l’un des avocats de Cédric Jubillar.

Jubillar devant les juges d’instruction vendredi

D’ici quelques jours, les trois défenseurs devraient plaider en appel devant la chambre de l’instruction ce nouveau rejet de la demande de remise en liberté de leur client. Jusqu’à présent, celle-ci a toujours confirmé la décision du JLD en s’appuyant notamment sur l’article 144 du Code de procédure pénale, reprenant les arguments de conservation des preuves ou indices matériels « nécessaires à la manifestation de la vérité ». La poursuite des investigations peut aussi être un argument au maintien en détention, qui peut parfois se poursuivre jusqu’au renvoi devant les assises et au procès de la personne mise en examen.

Les dernières analyses du réseau téléphonique, versées au dossier cet été, et qui indiquent que le téléphone de Delphine n’aurait pas quitté le périmètre du lotissement, voire du domicile conjugal, lors de la nuit de sa disparition, pourraient être un nouvel atout pour le ministère public. Alors que pour la défense, ces expertises « ne changent rien » et ne sont pas fiables à 100 %.

Des éléments qui seront certainement abordés dès ce vendredi dans le bureau des juges d’instruction en charge de ce dossier. Cédric Jubillar est en effet un nouvelle fois convoqué pour être interrogé par les magistrates toulousaines chargées de cette affaire.