Affaire Delphine Jubillar : Les avocats du mari accusent les gendarmes de « jouer au Cluedo »

L’interrogatoire de Cédric Jubillar n’aura duré qu’un peu plus de trois heures ce vendredi au palais de Justice de Toulouse, dans le bureau des juges chargés d’instruire la disparition de sa femme Delphine. Le suspect n°1 de l’affaire devait être entendu sur les confidences carcérales faites à « Marco » un détenu à qui il aurait avoué avoir tué l’infirmière. Ce confident carcéral est notamment à l’origine du placement en garde à vue, le 15 décembre dernier, de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar puis plus récemment de vastes fouilles lancées pour retrouver les corps de la trentenaire aux alentours de Cagnac-les-Mines et qui n’ont pas abouti.

A leur sortie, à la mi-journée, les avocats du peintre plaquiste se sont montrés plutôt agacés par la tournure de l’enquête. « On est un peu perdus, a déclaré Emmanuelle Franck, membre du trio de défenseurs. On est agacés parce que tous les mois, on est obligés de se battre contre de nouveaux scénarios. »

« Ce serait presque risible si un homme n’était pas en détention »

Elle fait allusion aux nouvelles informations parues jeudi dans Le Parisien et révélant que les gendarmes avaient trouvé des traces de sang, en cours d’analyse, dans la Peugeot 306 blanche d’une connaissance de Cédric Jubillar. L’hypothèse serait que le mari aurait pu emprunter ce véhicule en pleine nuit pour dissimuler le corps de sa femme. Et ce, alors que la buée relevée par les gendarmes dans la voiture du couple au matin de la disparition faisait jusqu’ici partie des éléments à charge. « L’accusation est en perdition (…) Les gendarmes jouent au Cluedo », tacle Alexandre Martin, autre avocat de Cédric Jubillar. « Ce serait presque risible si un homme n’était pas en détention depuis maintenant neuf mois », souligne sa consœur.

Ce nouvel épisode conforte les avocats dans leur intention de présenter une nouvelle demande de libération de leur client en début de semaine prochaine.

Delphine Jubillar s’est volatilisée de son domicile de Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein couvre-feu. Son mari, qui clame farouchement son innocence, a été mis en examen et écroué six mois tard. Au moment de la disparition, le couple était en instance de divorce, Delphine prévoyant de s’installer avec un autre homme. La piste privilégiée par les gendarmes est celle d’une énième dispute conjugale qui aurait mal tourné. Jusqu’ici, toutes les recherches entreprises pour retrouver le corps de la mère de famille sont restées vaines.