Affaire Delphine Jubillar : Les analyses de la couette, avec laquelle dormait l’infirmière, n’ont rien révélé

On avait déjà que la couette qu’utilisait Delphine Jubillar pour dormir sur le canapé ne se trouvait pas dans la machine à laver lorsque les gendarmes ont débarqué au domicile du couple, le 16 décembre 2020, peu avant 5 heures du matin, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Les analyses réalisées sur la courtepointe à la demande des services d’enquête viennent de démontrer qu’elle ne comportait pas non plus de traces de sang appartenant à la disparue. Une information de La Dépêche confirmée à 20 Minutes par Emmanuelle Franck, l’une des avocates de Cédric Jubillar, en détention depuis le 18 juin dernier pour le meurtre de sa femme. 

Ces résultats ont mis plus d’un an à être versés au dossier de l’instruction, au point que les défenseurs du mari avaient fini par se demander si elle n’avait pas été perdue. Il faut dire que cette couette faisait partie des éléments à charge à l’encontre du plaquiste. « Lorsque les gendarmes arrivent, ils trouvent M. Jubillar occupé à déclencher une machine à laver dans laquelle se trouve la couette du lit sur lequel dormait Mme Jubillar. Un contexte incongru, ce n’est pas la première chose à laquelle on pense », avait affirmé en juin 2021 Dominique Alzéari, alors procureur de la République de Toulouse.

Une photo a depuis permis d’établir qu’elle se trouvait en effet sur le canapé-lit du salon où dormait la mère de famille au lendemain de sa disparition. Et aucune trace de sang n’y a donc été trouvée par le laboratoire d’analyses scientifiques. Mais la couette avait entre-temps été passée à la machine à laver et la défense ne s’attendait effectivement pas à une énorme trouvaille. 

Nouvel interrogatoire du mari vendredi

Cet élément n’étant plus probant, les enquêteurs se sont focalisés ces dernières semaines sur les déclarations d’un codétenu de Cédric Jubillar, qui seront au cœur du nouvel interrogatoire auquel sera soumis le plaquiste ce vendredi. Les juges d’instruction veulent déterminer si ce qu’a affirmé un certain « Marco » aux enquêteurs de la section de recherches de Toulouse est fondé. Selon cet homme, il aurait recueilli les aveux du suspect numéro 1 à la maison d’arrêt de Seysses. L’époux de Delphine lui aurait dit avoir tué sa femme avant de l’enterrer non loin d’une ferme qui a brûlé depuis. Et sa nouvelle compagne, Séverine, aurait été au courant.

C’est ce qui a conduit en décembre dernier à la garde à vue de la quadragénaire. Et au lancement d’une vaste campagne de fouilles dans le secteur indiqué en ce début d’année. Celles-ci n’ont pas permis de retrouver le corps de Delphine Jubillar. « Rien ce qu’a pu dire ce codétenu ne s’est révélé vrai, ni à propos de Séverine, ni à propos du corps qui se serait retrouvé à cet endroit. Ils ont déployé des moyens importants parce qu’ils ont pris pour argent comptant ce que disait ce codétenu. Et ils n’ont rien du tout », a souligné Emmanuelle Franck. Dès lundi prochain, l’avocate déposera une nouvelle demande de remise en liberté de Cédric Jubillar.

Se refusant à évoquer le fond du dossier, Samuel Vuelta-Seimon, le procureur de la République de Toulouse, a indiqué la nécessité de mener ces fouilles. « Il s’agit du décès présumé d’une femme. Il faut retrouver le corps de Delphine Jubillar pour le rendre à sa famille, on travaille pour ça avant tout. Les déploiements de moyens sont dictés par cette priorité, par la résolution de cette affaire et la manifestation de la vérité, et non par la médiatisation », a assuré le chef du parquet, en marge d’une conférence de presse de rentrée judiciaire.