Affaire Delphine Jubillar : Le 13 décembre, une reconstitution de la nuit de la disparition aura lieu à Cagnac-les-Mines

Que s’est-il passé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 au domicile conjugal de Delphine et Cédric Jubillar à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Cette question est au cœur de l’enquête ouverte dans le cadre de la disparition de l’infirmière de 33 ans qui a conduit le 18 juin 2021 à la mise en examen et l’incarcération de son mari pour « meurtre ». Depuis plusieurs semaines, les avocats de ce dernier demandaient aux deux juges d’instruction une reconstitution de la soirée.

Un temps évoqué pour le 9 novembre, elle aura finalement lieu le 13 décembre prochain en soirée a révélé La Dépêche, soit près de deux ans après les faits. « Nous l’avons demandé car nous voudrions connaître le scénario de l’accusation. Tantôt on nous dit que cela s’est passé à l’extérieur, que la voisine a entendu des cris, tantôt dans le salon de la maison. L’agression a-t-elle eu lieu dedans ou dehors ? On nous dit que Cédric Jubillar a déplacé le corps, tantôt dans la voiture du couple, tantôt dans celle d’un ami qui habite à deux kilomètres de là. Il va bien falloir que l’on sache contre quel scénario on se défend », explique Emmanuelle Franck, l’une des trois avocats du principal suspect contactée par 20 Minutes.

Pas de traces de sang retrouvées

Pour ce moment un peu particulier dans l’instruction, Cédric Jubillar sera extrait de la maison d’arrêt de Seysses où il se trouve depuis dix-sept mois à l’isolement. Mais comme il a toujours nié avoir tué la mère de ses enfants, c’est un « plastron », un policier ou gendarme faisant office de comédien, qui devrait jouer la scène du crime.

Depuis son interpellation, les enquêteurs évoquent des indices graves et concordants à son encontre, étayant la thèse d’une dispute violente entre le mari et la femme en instance de séparation. Elle se serait soldée par la mort de Delphine Jubillar, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Cédric Jubillar a toujours nié l’avoir tuée, indiquant qu’elle avait quitté la maison en emportant son portable.

Le téléphone rallumé alors que les gendarmes sont au domicile du couple

Depuis, les analyses de la téléphonie ont montré que ce mobile, Huawei P30 Pro, n’aurait pas bougé du quartier où vivait le couple. L’infirmière aurait envoyé un dernier message à son amant à 22h58. Mais avant son extinction définitive à 7h48, il aurait été réactivé à plusieurs reprises durant la nuit. Dont une fois à 6h52, alors que les gendarmes se trouvaient au domicile du couple aux gendarmes après le signalement par Cédric Jubillar de la disparition de son épouse.

Ce dernier a-t-il profité de l’absence des militaires qui faisaient le tour de la maison pour l’utiliser ? Cette thèse, ses avocats la réfutent. « C’est quand même lui qui a appelé les gendarmes. Dans toutes les analyses qui ont été menées on ne retrouve pas de traces de sang de Delphine Jubillar », rappelle Me Emmanuelle Franck qui martèle régulièrement que « le dossier est vide » et que l’accusation s’est focalisée uniquement sur le mari.

Une séparation conflictuelle

Un mari dont le comportement a contribué à conforter la conviction des enquêteurs. Avant la disparition de sa femme, il a, à plusieurs reprises indiqué qu’il voulait la tuer et l’enterrer, y compris auprès de sa mère. Le couple était en instance de séparation et Cédric Jubillar surveillait les réseaux sociaux de sa compagne, épluchait ses relevés de compte en banque à la recherche d’indices sur une éventuelle aventure. Le matin de sa disparition, la mère de famille s’était rendue à son agence bancaire pour changer le code d’accès de son compte, ainsi que ceux des livrets des deux enfants du couple. Souvent confronté à des difficultés, Cédric Jubillar y puisait régulièrement des sommes, avant de les rembourser.

De quoi alimenter les soupçons qui pèsent contre le plaquiste. Ses avocats espèrent toujours voir le dossier prendre une autre tournure et vont, au cours des prochains jours, faire de nouvelles demandes d’actes afin d’étayer la thèse de l’innocence de leur client.