Affaire Carlos Ghosn : L’ex-PDG aurait quitté Tokyo en train, accompagné de plusieurs personnes

Carlos Ghosn à Tokyo, le 25 avril 2019. — Kenichi Matsuda/AP/SIPA

Le trajet de Carlos Ghosn pour quitter le Japon se précise. Selon des médias japonais, Carlos Ghosn aurait (tout simplement) pris un train de Tokyo à Osaka. Il était accompagné de plusieurs personnes, encore non identifiées par la police japonaise.

Carlos Ghosn a pris un Shinkansen (train à grande vitesse japonais) dimanche 29 décembre de Tokyo à Osaka (ouest), où il est arrivé en début de soirée le même jour, selon le quotidien Yomiuri Shimbun et la chaîne de télévision nippone NTV. Il aurait voyagé en compagnie de plusieurs personnes que la police japonaise cherche actuellement à identifier à partir d’images de vidéosurveillance, explique le Yomiuri. A Osaka, Carlos Ghosn aurait ensuite rejoint en taxi un hôtel près de l’aéroport international du Kansai, a précisé NTV.

De petits voyages autorisés

Mis en examen au Japon pour malversations financières présumées, l’ancien grand patron de Renault et Nissan avait été libéré sous caution fin avril 2019, mais il avait l’interdiction de quitter le Japon dans l’attente de son procès. Le Franco-libano-brésilien de 65 ans était assigné à résidence à Tokyo.

Il pouvait toutefois sortir librement de chez lui et faire des voyages de moins de 72 heures à travers le pays sans demander une autorisation du tribunal. Par ailleurs, les agents d’une société privée soupçonnés d’être mandatés par Nissan pour le suivre en permanence avaient quelque peu relâché leur vigilance ces derniers temps, selon une source proche de son entourage.

Caché dans un caisson

C’est ainsi qu’il a pu quitter seul et sans difficulté apparente sa résidence tokyoïte dimanche 29 décembre en début d’après-midi, d’après des images de vidéosurveillance consultées la semaine dernière par des médias nippons. Il aurait ensuite embarqué à bord d’un jet privé le 29 décembre en fin de soirée à destination d’Istanbul. Arrivé à l’aéroport Atatürk le lendemain matin, il a pris un autre appareil privé pour rallier Beyrouth.

Pour éviter les contrôles à l’aéroport du Japon, il se serait dissimulé dans un caisson à roulettes servant à transporter du matériel de concert, a affirmé ce week-end le Wall Street Journal. Retrouvé par les enquêteurs turcs dans un des jets utilisés, ce caisson était percé de petits trous pour lui permettre de respirer, selon le quotidien économique américain. Le contrôle au rayon X des bagages n’est pas obligatoire au Japon pour les jets privés car ils sont moins exposés aux risques de bombe ou de prise d’otages, contrairement aux avions de ligne, a précisé un porte-parole du ministère nippon des Transports.

La ministre de la Justice, Masako Mori, a rappelé lundi avoir ordonné que soient prises « des dispositions pour que les contrôles d’entrée et de sortie du territoire soient renforcés » afin qu’un cas aussi embarrassant ne se reproduise plus à l’avenir. « S’agissant du dispositif de contrôle des suspects libérés sous caution, j’ai demandé que l’on étudie rapidement comment le modifier. Nous allons étudier différents moyens, comme le suivi GPS », a-t-elle ajouté.

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