Affaire Carlos Ghosn : Léa Salamé critiquée pour son interview de l’ex-PDG de Renault-Nissan

Léa Salamé a rencontré Carlos Ghosn à Beyrouth. — Catherine Nayl/Capture d’écran Twitter

Un tête-à-tête exclusif avec « l’homme qui a voyagé dans la malle ». La journaliste Léa Salamé s’est rendue mercredi à Beyrouth pour interviewer  Carlos Ghosn. L’ex-patron de Renault-Nissan est réfugié au Liban depuis sa fuite du Japon, le 31 décembre.  L’entretien, diffusé sur France Inter, n’est pas passé inaperçu auprès des internautes.

Carlos Ghosn a fait sa première apparition publique, mercredi, lors d’une conférence de presse devant 150 journalistes. L’ancien PDG a annoncé avoir fui le Japon pour échapper à une « justice partiale » et dit vouloir « laver son honneur ».

« L’homme qui a voyagé dans la malle »

Léa Salamé, qui co-anime l’émission matinale 7/9 de la radio avec Nicolas Demorand et y assure des interviews depuis 2014, n’a pas caché sa fascination pour l’évasion rocambolesque de Carlos Ghosn. ​« Votre évasion fascine absolument le monde entier, pour beaucoup d’enfants vous êtes l’homme qui a voyagé dans la malle. Vous avez vraiment voyagé dans la malle ? », a-t-elle demandé.

La question et le ton de l’interview en général, jugé « complaisant » avec l’ancien chef d’entreprise inculpé par la justice japonaise pour détournement de fonds, ont été très critiqués sur Twitter. « Cette [interview] est consternante de complaisance. [Carlos] Ghosn mis en scène, comme un héros par Léa Salamé, alors qu’il cherche juste à échapper à la justice. Sans que cette [interview] nous apporte la moindre information nouvelle ou digne d’intérêt », estime la femme politique Barbara Romagnan.

« Sympathise » Ghosn, « agressivité avec » Martinez

Sur Twitter, l’internaute Padre_Pio juge même que le storytelling de la fuite de Carlos Ghosn « repeint une cavale en exploit d’Arsène Lupin ».

Plusieurs personnes ont comparé l’interview de Carlos Ghosn avec celle que la journaliste a réalisé mardi​ de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. « Voilà que France Inter, par la voix de la consternante Léa Salamé, sympathise avec un riche repris de justice en cavale. On est très loin de l’agressivité de cette même Salamé avec Martinez qui, lui, n’est pas sous le coup d’un mandat d’arrêt international », écrit l’éditeur Johan Faerber.

L’interview est vite devenue sujette à des détournements et des blagues, notamment autour de la fameuse « malle ».

Catherine Nayl, directrice de l’information de France Inter, a défendu la journaliste. « N’en déplaise aux donneurs de leçons, à ceux qui électrisent ou condamnent, OUI le service public fait son travail en questionnant Carlos Ghosn et NON Léa Salamé ne fait preuve d’aucune complaisance, jamais ! Écoutez et regardez les 25 minutes de l’interview », a-t-elle conseillé.

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