Affaire Carlos Ghosn : Deux hommes soupçonnés de l’avoir aidé à fuir le Japon ont été arrêtés

Carlos Ghosn le 8 janvier 2020 à Beyrouth au Liban. — Maya Alleruzzo/AP/SIPA

Deux hommes ont été arrêtés ce mercredi aux Etats-Unis. Ce père et son fils sont soupçonnés par le Japon d’avoir aidé l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn à fuir la justice nipponne dissimulé dans un caisson d’instrument de musique.

Michael T., 59 ans, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et Peter T., 27 ans, ont été arrêtés au petit matin à Harvard, dans le Massachusetts, a indiqué à l’AFP le ministère américain de la Justice. Ils doivent comparaître par vidéoconférence devant un juge fédéral de Boston.

L’un d’eux s’apprêtait à partir au Liban

Selon les procureurs, ils présentent un « grand risque de fuite » et doivent rester en détention en attendant que le Japon adresse formellement sa requête d’extradition. Peter T. a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à partir pour le Liban, où s’est réfugié l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, et qui n’a pas de traité d’extradition avec le Japon, ont-ils souligné.

Les deux hommes, ainsi que le Libanais George-Antoine Z., sont accusés par Tokyo d’avoir aidé Carlos Ghosn à échapper à la justice japonaise lors d’une évasion spectaculaire le soir du 29 décembre.

Visé par des plaintes pour malversations financières, le grand patron était en liberté sous caution, avec interdiction de quitter le Japon, quand il est parti pour le Liban, dont il a la nationalité. Interrogé à plusieurs reprises sur les conditions de sa fuite, Carlos Ghosn a refusé de livrer les détails, mais les documents judiciaires américains précisent le contour de l’expédition.

Sept rencontres avec l’ex-PDG de Renault

Peter T. s’est rendu trois fois au Japon dans les mois précédents l’opération et a rencontré Carlos Ghosn à sept reprises, d’après ces documents. Le 28 décembre, il a pris une chambre d’hôtel au Grand Hyatt de Tokyo, où Carlos Ghosn l’a rejoint. Les deux hommes ont discuté pendant une heure, selon les caméras de surveillance de l’établissement.

Le lendemain, Michael T. et George-Antoine Z. sont arrivés à l’aéroport du Kansai, près d’Osaka dans l’ouest du Japon, à bord d’un jet privé en provenance de Dubaï. Ils portaient de grandes caisses noires semblables à des caissons d’instrument de musique et ont indiqué aux employés de l’aéroport être des musiciens.

Un mandat d’arrêt émis le 30 janvier

Après avoir déposé ces caisses dans un hôtel de l’aéroport, ils ont rejoint Tokyo en train. Pendant qu’ils voyageaient, Carlos Ghosn est retourné au Grand Hyatt, où il s’est rendu directement dans la chambre de Peter T. pour changer de vêtements. Les quatre hommes se sont ensuite retrouvés dans cet hôtel.

Peter T. est parti seul prendre un avion pour la Chine. Les trois autres sont retournés à l’hôtel de l’aéroport du Kansai où étaient restés les caissons. Sur les caméras, seuls Michael T. et George-Antoine Z. en repartiront avec les lourdes caisses. « Il n’y a pas d’image de Carlos Ghosn quittant la chambre. De fait, il était caché dans les caisses » que portaient les deux hommes, selon les documents de justice.

A l’aéroport, ils ont pu embarquer leurs bagages sans les soumettre à des contrôles de sécurité, comme c’était alors la règle pour les jets privés. Ils se sont ensuite envolés vers la Turquie, puis le Liban. La justice japonaise a émis le 30 janvier des mandats d’arrêt contre Carlos Ghosn et ses trois complices présumés.

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