Affaire Brunel : « Tout le monde savait », des mannequins dénoncent les abus présumés de leurs agents depuis les années 1980

De g. à d.: Lisa Gattis, Marie Anderson, Carré Otis, Lisa Kaufmann et Ebba Karlsonn. — Montage 20 Minutes

  • La fashion week, temps fort de la mode et du mannequinat, a pris ses quartiers à Paris.
  • En lien avec ce milieu, l’affaire Epstein a notamment mis en lumière les soupçons qui pèsent sur le Français Jean-Luc Brunel. Et à travers ces enquêtes, un regard cru est porté sur tout un système, celui du mannequinat des années 1980, puis des décennies suivantes.
  • Une industrie qui a, au mieux, fermé les yeux et, au pire, été complice des agissements de nombreux agents vis-à-vis des models. 20 Minutes a recueilli en exclusivité les témoignages de plusieurs d’entre elles.

Time’s up. Alors que l’affaire Epstein a braqué les projecteurs sur Jean-Luc Brunel, accusé d’agressions sexuelles et d’avoir fourni des jeunes filles mineures au financier américain décédé en août dernier, des mannequins avaient tenté de tirer la sonnette d’alarme dès les années 1980 contre de nombreux agents. Face à une industrie – réunie actuellement à Paris à l’occasion de la fashion week et des défilés haute couture – qui a, au mieux, fermé les yeux et, au pire, été complice, cinq femmes témoignent aujourd’hui dans 20 Minutes.

Lisa Gattis dans les années 1980 et en 2019. Lisa Gattis dans les années 1980 et en 2019. – Lisa Gattis

Lisa Gattis a 18 ans, en 1980, quand l’agence Ford l’envoie à Paris dans l’agence Prestige de Claude Haddad, célèbre pour avoir découvert Jerry Hall, et qui est décédé en 2009 d’un cancer du poumon. « J’ai d’abord été hébergée à son domicile, mais ça ne m’a pas semblé étrange car il y avait deux autres mannequins chez lui », se souvient cette Américaine. Rapidement, Lisa fait la couverture du magazine Elle, déménage dans un autre appartement, puis Haddad l’invite à faire la fête à Ibiza. En arrivant, contrairement à ce qu’il lui avait assuré, elle est seule avec lui. « Il m’a dit de laisser mes bagages dans sa chambre, j’ai dit  »non, non » », raconte-t-elle. Selon son récit, son agent frappe à la porte de sa chambre dès la première nuit : « J’ai fait semblant d’être endormie. Il est resté un moment, me regardant, et murmurant  »Tu n’es gentille que quand tu dors ». »

Un autre mannequin arrive le lendemain et la même scène se reproduit la nuit suivante. Le dernier jour, les deux jeunes femmes rentrent de soirée au petit matin et se trouvent dans la cuisine. « Claude Haddad est sorti de sa chambre, complètement nu, il était… prêt, si vous comprenez, et il s’est dirigé vers ma chambre. On l’a vu et on s’est mises à rire. Il a insisté puis a sauté dans la piscine. Si j’avais été seule dans ma chambre, je n’ose pas imaginer ce qui aurait pu se passer » A son retour à Paris, Lisa trouve toutes ses affaires sur le palier et un autre mannequin à l’intérieur de son appartement. « D’un seul coup, je n’ai plus décroché aucun contrat. Je suis restée quelques mois de plus et je suis rentrée aux Etats-Unis. »

« Peur pour leur carrière »

Lisa Kauffmann au début des années 1980 et en 2019. Lisa Kauffmann au début des années 1980 et en 2019. – Lisa Kauffmann

Lisa Kauffmann, elle, arrive à Paris en 1983. Elle aussi est hébergée chez Claude Haddad. « Au début, sa petite amie était présente, tout allait bien. Et puis elle est partie en vacances », raconte cette Canadienne. « Une nuit, il est venu dans ma chambre, il portait un peignoir sans rien dessous. Il s’est glissé dans mon lit et s’est frotté contre moi. J’ai fait semblant de dormir. » Selon elle, l’agent recommence nuit après nuit : « C’était un creep (pervers). J’avais 17 ans, il en avait 48. » Quand sa bookeuse, Renée Dujac-Cassou, ouvre sa propre agence 100 % féminine, Lisa la rejoint aussitôt. L’ironie, selon elle, c’est que Claude Haddad l’avait « mise en garde contre Jean-Luc Brunel, en disant qu’il était dangereux ». Les dîners avec des quadragénaires, les soirées aux Bains Douches, les bouteilles d’alcool… Lisa a connu tout ça. Mais elle avait une arme précieuse : « Je comprenais ce qu’ils disaient en français et le parlais suffisamment pour répondre  »Va te faire foutre ». »

Pourquoi aucun mannequin n’a porté plainte à l’époque ? « De nombreuses filles avaient peur des représailles sur leur carrière », selon elle. « Au début des années 1980, on n’avait souvent pas de papiers officiels pour travailler. On était là avec un visa de touriste, on passait trois mois en France, puis trois mois en Italie ou en Allemagne. Vous vous imaginez à 17 ou 18 ans, dans un pays étranger, pour beaucoup sans parler la langue, aller au commissariat et porter plainte en situation irrégulière ? »

Des agissements dénoncés dès 1988

La réputation de Claude Haddad, bien connue dans le milieu, est exposée au grand jour dans le reportage American Girls in Paris, diffusé par CBS dans l’émission 60 Minutes en 1988. Plusieurs jeunes filles, certaines mineures, l’accusent d’agressions sexuelles. « Avec combien d’adolescentes avez-vous eu des relations sexuelles ? », lui demande Diane Sawyer. « Pouvez-vous définir adolescentes ? », répond Haddad, qui le jure : « 16 ans, presque jamais. J’ai pu flirter ou leur faire un câlin, mais rien de plus. » La journaliste lui lit alors des témoignages : « Il fallait coucher avec lui pour travailler », « Il m’a presque violé. » « C’est toujours  »presque », ça veut dire quoi ? », l’interrompt Haddad.

Claude Haddad en 1988 dans un reportage de «60 Minutes». Claude Haddad en 1988 dans un reportage de «60 Minutes». – CBS

« Pour cette dernière, elle avait 15 ans. 15 ans », insiste la journaliste. « Je ne me souviens pas, peut-être, c’est possible », termine l’agent, qui assure que c’est de la faute des jeunes femmes : « Quand une fille française joue avec son corps, elle sait qu’elle peut avoir des problèmes avec les hommes. » Le photographe Alé de Basseville, qui a démarré à cette époque, affirme à 20 Minutes que plusieurs mannequins lui ont confié avoir été violées par Claude Haddad.

L’autre scout ciblé dans le reportage de 60 Minutes est Jean-Luc Brunel, qui a repris l’agence Karin Models. Le visage dissimulé, une mannequin l’accuse de l’avoir droguée et violée. D’autres jeunes filles décrivent « un marché aux bestiaux », avec ces fameux dîners auxquels participaient « des hommes riches et vieux » avec lesquelles elles étaient encouragées à avoir des relations sexuelles pour continuer à travailler. En août dernier, l’ancien mannequin Zoë Brock a certifié à 20 Minutes qu’elle avait refusé les avances de Brunel et avait aussitôt été rétrogradée puis blacklistée.

Jean-Luc Brunel en 1988 dans un reportage de «60 Minutes». Jean-Luc Brunel en 1988 dans un reportage de «60 Minutes». – CBS

« Brunel, c’était cocaïne incorporated, continue Alé de Basseville. Je disais à toutes mes amies de ne surtout pas aller à ses soirées. » Dans le reportage diffusé sur CBS, la toute-puissante Eileen Ford, patronne de l’agence du même nom, qui avait un partenariat avec celle de Brunel à Paris, semble tomber des nues. « Eileen était au courant des accusations mais était dans le déni, elle était sous le charme de Jean-Luc », confie à 20 Minutes le photographe américain Clayton Nelson. Le reportage met fin à la carrière de Claude Haddad, mais Jean-Luc Brunel poursuit la sienne aux Etats-Unis. Depuis l’explosion de l’affaire Epstein en juillet dernier, deux anciens mannequins ont accusé l’agent français de viol. Si les faits semblent prescrits, une autre plainte, pour des faits plus récents de harcèlement sexuel, a été déposée. Jean-Luc Brunel « conteste fermement les accusations relayées par la presse », avait assuré en octobre dernier son avocate, Corinne Dreyfus-Schmidt, et « il se tient à la disposition de la justice. »

« On est des hommes, on a nos besoins »

A New York, Paris et Milan, dans le petit milieu de la mode, « tout le monde était au courant », insiste Alé de Basseville. Marie Anderson, vice-présidente d’Elite Chicago au milieu des années 1980, acquiesce : « C’était la culture de l’époque, tout le monde savait. On se disait que la seule chose à faire était de prévenir les filles », soupire cette Américaine qui, à la tête de Boss Babe Models, coache aujourd’hui les jeunes mannequins, prônant l’intégrité et le courage comme pierres angulaires d’une carrière.

Elle se souvient particulièrement d’une jeune fille de 18 ans dans les années 1980. « C’était l’heure d’aller à Paris pour sa carrière, je l’ai mis en garde contre Gérald Marie (alors patron d’Elite Paris) ». Rapidement, la jeune femme l’appelle, « en pleurs » car, selon elle, l’agent tente de « l’intimider pour qu’elle couche avec lui, lui disant qu’elle ne décrocherait pas de couverture tant qu’elle refuserait ». Marie Anderson lui dit de « résister à ce chantage. » Quelques mois plus tard, la jeune femme fait la une d’un magazine féminin. « Elle m’a avoué qu’elle avait cédé car il était trop agressif et elle ne bookait rien. Elle était adulte et a fait son choix, mais ça m’a brisé le cœur ».

Marie Anderson au début des années 1980 et en 2019. Marie Anderson au début des années 1980 et en 2019. – Marie Anderson

Marie Anderson fait une pose dans son récit, avant de raconter une expérience personnelle. Au début de sa carrière, elle travaille pour le photographe Stan Malinowski et se rend à Rome à l’occasion d’un shooting pour Harper’s Bazaar. Lors d’une soirée, elle se retrouve seule avec le patron du magazine, Giuseppe « Peppone » Della Schiava, et son assistante. Marie Anderson raconte : « Son assistante commence à enrouler sa langue autour d’une mèche de mes cheveux et me dit qu’on va passer un bon moment tous les trois. » La jeune Américaine se lève pour partir, paniquée. « Peppone m’attrape, me pousse contre le mur, et me dit dans un anglais parfait :  »Soit tu couches avec nous, soit Malinowski ne travaillera plus jamais ». » Elle réussit à s’enfuir en courant. « Terrifiée » d’avoir mis en danger la carrière de son patron, elle ne parle à personne de l’incident. « C’est l’attitude typique d’une victime. Je me suis dit que c’était de ma faute, que je n’aurais pas dû m’habiller de manière sexy. Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’on était face à des prédateurs », analyse-t-elle aujourd’hui. « J’ai grandi dans cette bulle. C’était avant #MeToo et #TimesUp. A l’époque, je n’ai pas eu le courage de dénoncer les dérives sexuelles de notre milieu », regrette-t-elle.

La jeune femme atteint son point de rupture à la fin des années 1980, à Ibiza. Elle dit avoir assisté à une dispute entre John Casablancas, le patron légendaire d’Elite, Gérald Marie et deux cadres de l’agence, Lisa Herzog et Trudi Tapscott. « Elles étaient en larmes, suppliant (Casablancas et Marie) d’arrêter de coucher avec des mineures ». Et Gérald Marie, avec son accent français, leur a selon elle répondu : « On est des hommes, on a nos besoins. » Marie Anderson démissionne peu après, et tentera de tirer la sonnette d’alarme par la suite en témoignant dans un article du journaliste Michael Gross pour New York Magazine, qui avait déjà secoué le monde de la mode avec son livre Model : The Ugly Business of Beautiful Women. Dans cet article, John Casablancas confirme que la dispute à Ibiza a bien au lieu mais plaide pour une différence de culture, avec un âge de consentement fixé à 15 ans en Europe et à 18 aux Etats-Unis. Et l’homme qui a inventé le concept des « supermodels » de certifier que toutes les relations sexuelles qu’il a eues avec des mineures – notamment Stephanie Seymour quand elle avait 16 ans – étaient consenties.

Le fondateur de l'agence Elite John Casablancas (gauche), le photographe Patrick Demarchelier (centre) et le président d'Elite Europe Gérald Marie en 1996. Le fondateur de l’agence Elite John Casablancas (gauche), le photographe Patrick Demarchelier (centre) et le président d’Elite Europe Gérald Marie en 1996. – BOULET/BEBERT BRUNO/SIPA

« Des hommes nous notaient comme des vaches »

C’est à Stockholm que la Suédoise Ebba Karlsson est abordée par un scout qu’elle connaît de réputation, au début des années 1990. Il l’invite à venir sur la Côte d’Azur pour des castings. Une fois seuls dans la maison où ils sont logés, elle dit avoir été « forcée » à une relation sexuelle à laquelle n’a pas consenti. « Je ne me suis pas débattue car j’avais peur, mais c’était bien un viol », assure-t-elle. Sans argent pour acheter un billet d’avion pour retourner en Suède, elle insiste pour passer le casting promis et suit le scout à Paris. Elle arrive dans « un bureau magnifique ». Face à elle : Gérald Marie.

Ebba Karlsson dans les années 1990 et en 2019. Ebba Karlsson dans les années 1990 et en 2019. – Ebba Karlsson

« Il a commencé par fermer les stores pour que personne ne puisse nous voir, puis il m’a montré des books de mannequins connues, notamment des Suédoises, et il m’a dit :  »Tu sais ce qu’elles ont toutes fait pour devenir célèbres ? » » Avant qu’elle ne puisse répondre, « Gérald Marie glisse sa main sous ma jupe et ses doigts en moi », affirme Karlsson. « J’étais pétrifiée, je ne savais pas comment réagir. » Elle se rend malgré tout au casting qui a lieu à l’appartement de l’agent français quelques jours plus tard, assurée qu’elle ne sera pas seule avec lui. « On était une dizaine, certaines filles habitaient là. On a dû se déshabiller et défiler en sous-vêtements et en hauts talons. Il fallait montrer ses seins. Et il y avait deux ou trois hommes qui nous regardaient et nous notaient, comme des vaches. » Elle rentre alors en Suède où elle « n’arrive plus à supporter que (son) copain Themba (la) touche ». Elle finit par tout lui raconter. Contacté par 20 Minutes, il corrobore son témoignage : « Je pouvais voir qu’elle cachait quelque chose de traumatisant. » Themba confirme que la jeune femme lui a dit avoir été violée par le scout et agressée sexuellement par Gérald Marie: « J’ai retrouvé le scout un soir au club BZ à Stockholm. Je lui ai cassé la gueule. »

Ebba Karlsson, qui vient de fêter ses 50 ans, est aujourd’hui life coach et fait part de ses regrets : « J’avais 21 ans, je me considérais comme une adulte, intelligente. J’aurais dû aussitôt porter plainte mais j’avais peur. » Elle affirme avoir été menacée par le scout, « David », qui avait selon elle un passeport marocain et dont elle ignore le véritable nom : « Il m’a dit de faire attention, qu’il connaissait des gens puissants, notamment dans la police. »

« Ils se croient intouchables »

La carrière de Gérald Marie vacille en 1999, quand la BBC diffuse un reportage filmé en caméra cachée suivant le patron d’Elite Europe pendant plusieurs mois. L’enquête accuse l’agence d’exploiter sexuellement les jeunes mannequins, notamment via des promoteurs dans les boîtes de nuit de Milan. Gérald Marie, lui, est filmé offrant à une jeune femme undercover un million de lires (environ 400 euros) pour coucher avec elle. Après la diffusion du reportage, Elite dénonce « des propos et des situations inacceptables », et Gérald Marie est suspendu. Mais dans la foulée, l’agence attaque la BBC en diffamation, accusant la chaîne britannique d’avoir réalisé un « montage malhonnête ». Gérald Marie, lui, se défend sur le plateau de Tout le monde en parle, entouré de deux mannequins.

Avant le procès, la BBC négocie un règlement à l’amiable, reconnaissant qu’Elite « avertit et protège les jeunes mannequins face au risque d’exploitation sexuelle » et s’engage à ne jamais rediffuser le reportage. Gérald Marie retrouve son poste de président d’Elite Europe, qu’il conserve jusqu’en 2011.

C’est cette année que le célèbre top model américain Carré Otis publie son autobiographie Beauty Disrupted. Celle qui est alors mariée à l’acteur Mickey Rourke accuse son ancien agent, Gérald Marie, de l’avoir violée quand elle était logée chez lui à Paris en 1985-1986, à l’âge de 17 ans. Selon son témoignage, l’agent l’aurait attaquée une nuit alors que sa compagne de l’époque, la supermodel Linda Evangelista, était en voyage. Dans une interview en 2008, Mickey Rourke avait fait part de son désir de vengeance « contre l’homme qui a violé Carré », sans le nommer.

Carré Otis en 1989 dans le film «Wild Orchid» et en 2019. Carré Otis en 1989 dans le film «Wild Orchid» et en 2019. – Sipa/Carré Otis

« Je n’avais pas le vocabulaire pour décrire ce qui m’est arrivé, car j’ai grandi à une époque où on ne nommait pas ces choses-là, et je n’avais aucun adulte vers qui me tourner », explique Carré Otis (aujourd’hui Sutton) à 20 Minutes. Mais elle insiste : selon elle, « c’était bien un viol. On était des gamines dans une industrie qui normalisait ces comportements, qui nous objectifiait et nous sexualisait. Des hommes comme Harvey Weinstein, Gérald Marie et Jean-Luc Brunel ne voient pas le problème avec leur comportement et ils se croient intouchables », estime-t-elle.

Nous avons envoyé des questions détaillées à Gérald Marie par email via son agence, Oui Management, qui a répondu quelques jours plus tard que « monsieur Marie ne souhaitait pas s’exprimer. » Selon Carré Otis, son ex-agent n’a jamais publiquement contesté ses allégations ni tenté de faire interdire la parution de ses mémoires, toujours en vente aujourd’hui.

« Les mannequins ne sont pas plus en sécurité aujourd’hui »

Quand la parole s’est libérée à Hollywood avec le mouvement #MeToo, de nombreux mannequins ont tenté de donner de la voix avec le hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse («Les abus ne devraient pas faire partie de mon travail »). En février 2018, une enquête du Boston Globe a braqué les projecteurs sur les abus présumés de plusieurs célèbres photographes, notamment le Français Patrick Demarchelier, accusé de harcèlement sexuel. Aux Etats-Unis, quinze mannequins hommes ont accusé Bruce Weber d’agression sexuelle et une enquête a été ouverte contre Terry Richardson à New York. En France, Flavie Flament a accusé le photographe David Hamilton – qui s’est depuis suicidé – de l’avoir violée quand elle avait 13 ans, mais les langues ont encore du mal à se délier dans le milieu de la mode.

En octobre dernier, l’ex-top model et activiste américaine Sara Ziff était à Paris aux côtés de la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, pour présenter l’initiative RESPECT de l’organisation Model Alliance, qui vise à lutter contre le trafic d’être humains. LVMH, Kering, Chanel, et L’Oreal l’ont signé, mais Carré Otis attend de voir si les engagements seront tenus : « La réticence de l’industrie illustre la montagne qu’on a à gravir. Il faut éduquer suffisamment de personnes pour créer une nouvelle norme. »

>> Vous avez été témoin ou victime d’abus dans le monde du mannequinat ou dans le cadre de l’affaire Epstein, vous pouvez nous contacter à contribution@20minutes.fr

Justice

Jean-Luc Brunel, l’insaisissable « ami » de Jeffrey Epstein accusé des deux côtés de l’Atlantique

Monde

Affaire Epstein : Le prince Andrew sommé de témoigner

1 partage