Affaire Benalla: L’heure de vérité ce mercredi au Sénat

Alexandre Benalla ce mardi matin au tribunal de Paris — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Invraisemblances, incohérences, contradictions, voire mensonges : la commission des Lois du Sénat présente mercredi son rapport d’enquête sur l’affaire Benalla, dont le principal protagoniste, soupçonné d’avoir menti sous serment, a été placé la veille derrière les barreaux.

Après des mois de feuilleton, un juge a décidé mardi de placer en détention provisoire l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, dans l’enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris qui lui vaut d’être mis en examen.

Les conclusions, tenues secrètes, seront rendues publiques en fin de matinée

Au Sénat, le déroulé de la matinée mercredi est censé être réglé comme du papier à musique. A 8h la commission des Lois se réunit sous la présidence de Philippe Bas (LR) pour prendre connaissance du rapport de Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR) et de ses conclusions, soigneusement tenues secrètes. Les déclarations du président Bas comme des rapporteurs ces derniers mois ne laissent cependant guère place au doute. Le rapport ne pourra qu’être « sévère » sur les dysfonctionnements dans les services de l’Etat qui ont pu émailler cette affaire.

Ce n’est qu’une fois approuvées par la commission que les conclusions seront rendues publiques, au cours d’une conférence de presse en fin de matinée. Selon des sources proches de la commission, Philippe Bas devrait également soumettre à ses membres une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, tirant « les conséquences éventuelles » en termes judiciaires.

« Le mensonge est caractérisé pénalement »

Les personnes qu’a auditionnées la commission d’enquête depuis fin juillet – plus d’une vingtaine – ont en effet prêté serment et sont donc passibles de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende en cas de faux témoignage. La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.

Pour François Grosdidier, membre de la commission des Lois, il ne fait pas de doute, en ce qui concerne Alexandre Benalla, que « le mensonge est caractérisé pénalement ». Le sénateur LR est en revanche plus circonspect pour d’autres personnalités pour lesquelles des incohérences ont pu être relevées lors des auditions.

Dernier volet, le rapport devrait formuler « 13 propositions » pour permettre « l’amélioration des conditions » dans lesquelles est effectuée la protection des chefs de l’Etat et hautes personnalités.

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