Affaire Balkany : Quatre ans de prison ferme requis en appel contre le maire de Levallois, deux contre son épouse

Les époux Balkany, le 13 septembre 2019. — AFP

L’accusation a requis ce mardi cinq ans de prison, dont un an avec sursis, sans incarcération immédiate, contre le maire LR de Levallois-PerretPatrick Balkany jugé en appel pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et prise illégale d’intérêt.

Le parquet général a aussi demandé dix ans d’inéligibilité contre le maire de cette commune cossue de l’ouest parisien qu’il a dirigée presque sans discontinuer depuis 1983. Et a requis « l’exécution provisoire de cette peine complémentaire », au nom de « la restauration de l’équilibre social ».

Dégradation générale de la santé de Patrick Balkany

En revanche, tenant compte d’une récente expertise médicale faisant état d’une dégradation générale de la santé de Patrick Balkany, 71 ans, l’accusation n’a pas exigé de mandat de dépôt à l’audience. Hospitalisé presque sans discontinuer depuis la mi-décembre, l’ancien baron des Hauts-de-Seine n’a pas assisté à son procès en appel.

A l’encontre d’Isabelle Balkany, 72 ans, épouse et première adjointe du maire, le parquet général a demandé quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et également dix ans d’inéligibilité. Il a relevé que la maire par intérim – depuis l’incarcération de son époux en septembre – avait « reconnu une faute », même si, souvent absente ou opposant son droit au silence, elle avait « réservé l’essentiel de son énergie au tribunal médiatique ».

Saisie des biens des époux Balkany

Le parquet général a également demandé la saisie des biens du couple, en particulier le luxueux moulin de Giverny (Eure) dont ils conservent l’usufruit.

Les Balkany sont soupçonnés d’avoir dissimulé 13 millions d’euros d’avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse à Saint-Martin et Dar Guycy à Marrakech. S’ils ont reconnu quelques « fautes » et la propriété de la villa antillaise, ils contestent vigoureusement le montant des avoirs en cause et se targuent de n’avoir jamais détourné « un centime d’argent public ». Le couple persiste à nier détenir un riad à Marrakech. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales « PB », des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany.

En première instance, le tribunal avait condamné Patrick Balkany à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec incarcération immédiate, et son épouse à quatre ans d’emprisonnement, mais sans mandat de dépôt eu égard à sa santé fragile. Tous deux avaient été condamnés à dix ans d’inéligibilité et la saisie de leurs biens avait été ordonnée.

Cette lourde condamnation venait s’ajouter aux peines de prison ferme infligées pour fraude fiscale : quatre ans pour lui et trois ans pour elle.

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