Affaire Arthur Noyer : Nordhal Lelandais condamné à 20 ans de prison pour le meurtre du jeune caporal

Nordahl Lelandais arrive au tribunal de Chambéry où il est jugé pour le meurtre d’Arthur Noyer — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Nordahl Lelandais était jugé devant les assises de la Savoie pour le meurtre d’Arthur Noyer, en avril 2017.
  • L’accusé a été condamné à une peine de 20 ans de prison, assortie d’une période de sûreté des deux-tiers. 
  • Les jurés ont suivi partiellement les réquistions de l’avocate générale, qui a estimé que la mort d’Arthur Noyer ne peut être accidentelle, comme l’a affirmé l’accusé.

A l’annonce du verdict, l’accusé est resté de marbre. Jugé devant la cour d’assises de la Savoie, Nordahl Lelandais a été condamné ce mardi à une peine de 20 ans de prison, assortie d’une période de sûreté des deux-tiers, pour le meurtre d’Arthur Noyer, 23 ans, en avril 2017. Les jurés ont délibéré plus de 7 heures semblent avoir cherché un compromis. Un peu plus tôt, dans la matinée, l’avocate générale, Thérèse Brunisso, avait en effet requis une peine de 30 ans d’emprionnement. Pour la magistrate, la « volonté de tuer » de l’ancien militaire ne fait aucun doute dans ce dossier.

Tout au long du procès, Nordahl Lelandais n’a cessé d’expliquer qu’il n’avait « jamais voulu » tuer le caporal Noyer dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Selon sa version, il l’aurait pris en stop à Chambéry pour le conduire quelques kilomètres plus loin, à Saint-Baldolf. Mais son passager, ivre après avoir fait la fête avec des amis, l’aurait alors accusé du vol de son téléphone et l’aurait frappé en premier. Une bagarre aurait éclaté. Après avoir constaté la mort accidentelle d’Arthur Noyer, Nordahl Lelandais aurait paniqué, mis le corps de sa victime dans le coffre de sa voiture, avant de l’abandonner au bord d’une route de montagne. « Il fait le mauvais choix », a reconnu à l’audience son avocat, Me Alain Jakubowicz.

« Un type est paumé »

Nordahl Lelandais aurait ainsi voulu se « débarrasser » de la dépouille de sa victime. « Il n’y a rien de professionnel ou de préparé dans tout ça », a-t-il assuré. « Monsieur Fourniret est mort hier, on cherche encore le corps de ses victimes. Ca, c’est de la dissimulation d’un corps », a ajouté le pénaliste pour souligner l’amateurisme de son client. Et selon lui, le fait que ce dernier n’ait « pas appelé la police » après les faits ne prouve pas qu’il ne s’agissait pas d’une « bagarre » qui a mal tourné. « Il n’y a pas d’élément, dans ce dossier, qui établissent l’intention d’homicide », a-t-il martelé lors de sa plaidoirie. Certes, son client est « un type est paumé », mais il n’avait « aucune raison de tuer Arthur Noyer ».

Des explications qui auraient pu convaincre les jurés… si l’accusé n’avait pas également reconnu le meurtre de la petite Maëlys, fin août 2017. « Un homme qui aurait tué malgré lui, recommencerait-il à tuer moins de cinq mois plus tard ? Évidemment, non », a expliqué un peu plus tôt dans la journée l’avocate générale. Nordahl Lelandais, a remarqué la magistrate, « a fait en sorte qu’on ne sache pas » la vérité. Elle a estimé que la « volonté de tuer » de l’accusé saute aux yeux. Ce dernier a éteint son téléphone « quelques minutes seulement après le meurtre d’Arthur Noyer » et dépensé « beaucoup d’énergie » à faire disparaître le corps de la victime.

« Mobile sexuel »

L’accusé, qui pratique la boxe, mesure 13 cm de plus que la victime et pèse 15 kg de plus. En outre, le soir des faits, Arthur Noyer était « très alcoolisé » mais il n’était « pas agressif, ni violent ». « Aucun de ces éléments ne permet de retenir les explications de Nordahl Lelandais quant à une rixe éventuelle », a t-elle tranché. L’avocate générale a souligné aussi qu’Arthur Noyer souhaitait rentrer à la caserne après cette soirée. « Pourquoi Nordahl Lelandais le conduit-il à Saint-Baldoph, si ce n’est pour avoir une relation à caractère sexuelle ? » Pour Thérèse Brunisso, le « mobile sexuel » est donc « le seul qu’on peut retenir à la vue des éléments du dossier ».

« Il se terre dans ses mensonges et ne dira jamais, ô grand jamais, la vérité sur les circonstances de la mort d’Arthur Noyer, juste pour sauver sa peau, juste par lâcheté », a plaidé dans la matinée l’avocat de la famille de la victime, Me Bernard Boulloud. Nordahl Lelendais « se fiche éperdument de la souffrance des autres, il en jouit même, de cette souffrance », a t-il ajouté. Pour lui, si l’accusé disait la vérité sur le déroulé des faits, « il tomberait inévitablement pour le dossier Maëlys ».

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