Administration : Emmanuel Macron présente ce jeudi la réforme de la haute fonction publique

L’entrée de l’Ecole nationale d’administration (ENA), à Paris le 12 février 2020. — Clément Follain / 20 Minutes

A un an de la présidentielle, c’est une réforme qui doit être mise en œuvre, selon l’Élysée, avant la fin du quinquennat. Pour respecter ce court calendrier, Emmanuel Macron s’exprimera ce jeudi en visioconférence devant plusieurs centaines de cadres dirigeants de l’Etat sur la réforme de la haute fonction publique.

Cette intervention se tiendra à l’occasion de la Convention managériale de l’Etat organisée par Matignon qui réunira préfets, ambassadeurs, chefs d’administrations centrales, présidents des grands corps comme le Conseil d’Etat, la Cour des comptes, recteurs…

« Offrir aux Français un service public plus proche, plus efficace »

Cette réunion avec le Premier ministre Jean Castex vise à « revenir sur les transformations publiques voulues par le président et mises en œuvre par le gouvernement depuis le début du quinquennat dans l’optique d’offrir aux Français un service public plus proche, plus efficace, plus transparent et plus bienveillant », a expliqué l’Elysée.

Elle détaillera aussi les grandes lignes de l’ordonnance sur la réforme préparée par la ministre de Transformation et de la Fonction publique Amélie de Montchalin qui doit être adoptée avant le 7 juin après son examen en Conseil des ministres en mai. Le texte comporte de nouvelles mesures sur le recrutement, la formation et les carrières de la haute fonction publique, « dont le rôle essentiel, a fortiori en temps de crise, sera réaffirmé », selon l’Elysée.

L’ascenseur social en panne

Le 11 février lors d’un déplacement à Nantes, Emmanuel Macron avait insisté sur la nécessité d’ouvrir les voies d’accès à des prestigieuses écoles de l’administration​, comme l’ENA, à des jeunes d’origine modeste afin que plus « aucun gamin dans notre République se dise : « ce n’est pas pour moi » ». Il avait alors dressé un constat sombre de « l’ascenseur social » français, qui « fonctionne moins bien qu’il y a 50 ans » car la mobilité « est très faible ».

« L’attractivité est notre sujet majeur, donc on veut proposer une réforme positive », précise-t-on au ministère de la Fonction publique. « Si on ne fait pas une réforme en urgence, les jeunes ne se présenteront plus aux concours », explique-t-on, en pointant la division par trois du nombre de candidats à l’entrée des 23 écoles de la haute fonction publique ces dernières années. L’objectif est aussi de contourner les chasses gardées et les rentes de situations dans les grands corps comme le Conseil d’Etat ou la Cour des comptes, souligne un responsable. Parmi les piliers de la réforme, figurent l’obligation de la mobilité, l’accent mis sur « l’évaluation » et l’importance de la formation continue pour « la possibilité d’avoir plusieurs carrières ».

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